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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 7

Chapitre 7

Le lendemain matin, Nabooru vint le chercher pour l’emmener au gymnase de la forteresse. Elle le fit descendre dans une cour de combat où l’attendait un groupe de Gerudos armées de sabres et lui remit une lame.

« Ici, les règles sont simples : défends-toi ! Ne retiens pas tes coups, car tes adversaires ne te feront aucun cadeau. Et ne fais pas exprès de te faire tuer ici, car ta petite amie pourrait en subir les conséquences. »

Elle s’éloigna. Le temps d’attente ne fut pas long. Les combattantes se mirent à attaquer de tous les côtés en même temps. Le Héros du Crépuscule fit de son mieux pour se défendre, mais elles étaient trop nombreuses. Le jeune homme fut blessé à plusieurs reprises, mais à chaque fois, il se relevait et reprenait le combat.

Au bout de plusieurs heures de ce régime, Link était à bout de souffle. Il ne réussit pas à éviter le sabre d’une Gerudo qui fit une profonde entaille dans son épaule gauche. Le choc lui fit lâcher son épée.

Nabooru mit fin à l’exercice et s’approcha du blessé. Elle ramassa l’arme et lui donna une compresse pour qu’il puisse arrêter le saignement.

« Repose-toi un instant ! Je vais chercher des gardes pour te ramener. »

Elle sortit. Le jeune homme en profita pour s’asseoir une minute, mais se releva en voyant entrer ses deux geôlières. Ces dernières l’invitèrent à les rejoindre. Link s’avança. Lorsqu’il arriva à leur niveau, elles se placèrent de part et d’autre de lui et le conduisirent à sa cellule.

Ce soir là aussi, le jeune homme reçut la visite de Sheik qui entra alors que le blessé était occupé à soigner son épaule. Tournant le dos à la porte, ce dernier ne vit pas la réaction du nouvel arrivant qui semblait souffrir en voyant la plaie du prisonnier. Mais il s’était ressaisi avant que Link ne se retourne.

Sheik s’approcha, lui prit la compresse des mains et entreprit de terminer le travail.

« Comment te sens-tu après cette première journée ? Pas trop en morceaux ? Je vois que tu as pris pas mal de coups.

— Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai donné du fil à retordre à tes amies.

— Bien ! Il va falloir que je te fasse quelques points pour aider à la cicatrisation. Ça risque de faire mal. Ça ira ?

— Va raconter ça à ton maître. Je suis sûr que ça lui fera plaisir… »

Link ne savait pas vraiment comment réagir face à cet individu. Sa méfiance vis-à-vis de lui était la seule certitude qu’il avait. Le comportement de Sheik était plus que suspect.

Le lendemain, le Héros du Crépuscule eut à subir le même entraînement qui dura plus longtemps que le précédent. Sa blessure à l’épaule l’empêchait de se servir correctement de son bras et l’obligeait à tenir son épée du côté droit. Ce qui constituait un handicap pour un gaucher. Mais le jeune homme parvenait déjà à mieux contrer les coups de ses adversaires. Plusieurs Gerudos furent blessées pendant l’échange.

Le matin du jour suivant, Link était en plein exercice quand Nabooru rappela ses troupes.

« Ça suffit pour aujourd’hui. Ganondorf veut voir le Héros. »

Elle s’approcha du jeune homme et le désarma. Depuis qu’il avait commencé à suivre l’entraînement Gerudo, ses gardes s’abstenaient de l’attacher pour l’emmener de sa cellule au gymnase et inversement. Pourtant, Nabooru sortit une corde et lui attacha les mains derrière le dos. Link se laissa faire sans protester. Elle le conduisit dans la tente de Ganondorf et le fit asseoir avant de sortir sans avoir prononcer un mot.

« Mes espions ont retrouvé le Héros du Temps. Il est plus avancé dans sa quête que je ne le pensais. Le temps presse. Tu pars demain. Sheik t’accompagnera. N’oublie pas que le sort de ton amie dépend du succès de ta mission. Profite du reste de la journée pour te reposer ! Tu auras besoin de toute ton énergie. »

Ganondorf rappela Nabooru qui ramena Link dans sa cellule. Sheik l’y attendait.

« Tu es prêt à partir ?

— Je n’ai pas grand-chose à préparer. Vous m’avez pris tout ce que j’avais.

— Tout te sera rendu demain. D’après mes dernières informations, le Héros du Temps doit réveiller les cinq sages protégeant les temples d’Hyrule. Trois d’entre eux ont déjà été réveillés. Il est en route pour s’occuper du quatrième et se trouve actuellement dans le cimetière de Cocorico. C’est là que nous irons demain. Si nous nous débrouillons bien, nous pourrions l’y retrouver. Je t’en dirais plus en chemin. Es-tu d’accord ?

— Ai-je le choix ?

— Pas vraiment. Je n’ai pas le temps de m’occuper de tes blessures aujourd’hui. Ton amie devrait pouvoir le faire. Si tu as des choses à lui dire, fais-le maintenant. Elle quitte le désert en fin d’après-midi. Peu de personnes savent où. Demain, tu récupères tes armes. Si tu tentes la moindre chose contre moi ou contre Ganondorf, Iria mourra… et toi aussi ! »

Sheik posa sa main sur l’épaule de Link et lui murmura à mi-voix pour que les gardes n’entendent pas.

« Garde courage. Tout n’est pas perdu… »

Puis il quitta la cellule.

En début d’après-midi, la porte de sa geôle s’ouvrit pour laisser entrer Sheik et Iria. Elle sourit à la vue de son ami. Celui-ci se leva, mais fit une grimace car il venait de se lever en se servant de son bras blessé.

Remarquant que Link était visiblement mal en point, elle s’approcha de lui avec tout le matériel nécessaire aux soins. La jeune fille commença par enlever le bandage qui protégeait l’épaule de son ami et fit de son mieux pour éviter de lui faire mal, estimant qu’il avait déjà suffisamment souffert. La plaie fut nettoyée et recouverte soigneusement.

Iria n’avait pas ouvert la bouche depuis qu’elle était arrivée, trop bouleversée par l’état dans lequel ses adversaires avaient mis le jeune homme. Lui, non plus, n’avait rien dit. Il regardait la jeune fille, se sentant responsable de sa captivité.

Après les soins, la demoiselle vint se blottir contre lui. Ils s’installèrent dans les bras l’un de l’autre. C’est ce moment qu’elle choisit pour briser le silence qui s’était installé entre eux.

« Link, peut-on parler de notre situation ? Je me pose pas mal de questions sur ce qu’il se passe.

— D’accord ! J’y répondrais du mieux que je pourrais.

— Où sommes-nous ?

— Dans le désert Gerudo.

— Mais n’est-il pas censé être inhabité ?

— Tu dois savoir quelque chose ! Tu vas sans doute avoir du mal à le croire, mais c’est la vérité. Tu sais que je suis incapable de te mentir. Lorsque j’ai replacé l’Épée de Légende sur son piédestal, j’ai déclenché un mécanisme qui a ouvert une porte temporelle. Nous avons été envoyés dans le passé. A l’époque où Ganondorf a été vaincu par le Héros du Temps. »

Le jeune homme raconta alors à son amie le terrible piège qui avait été tendu à son intention et ce qui lui était arrivé depuis son réveil dans cette prison, il y avait maintenant plusieurs jours. Le Héros du Crépuscule ne lui cacha rien, la sachant de taille à supporter la vérité.

« Et maintenant, si je ne fais pas ce que veut Ganondorf, il s’en prendra à toi.

— J’avais compris qu’il se servait de moi pour te contraindre à lui obéir. Oh, Link, je suis si désolée. Je t’observais à la clairière. J’ai dû trop m’approcher … »

Elle était sur le point de se mettre à pleurer. Il retira une larme qui s’était échappée de ses yeux avec son doigt et lui sourit tristement.

« J’aurais dû être sur mes gardes en replantant l’épée. J’avais relâché ma vigilance. Tout est de ma faute. C’est à moi de me faire pardonner. »

Iria se serra contre son ami pour lui faire comprendre qu’elle ne lui en voulait pas. Il la serra à son tour.

« À toi maintenant, raconte-moi comment ça s’est passé depuis ton réveil.

— Il n’y a pas grand-chose à dire. J’étais enfermée dans une cellule. C’est Sheik qui s’occupait de moi. Je le trouvais gentil. Je lui ai parlé de nous. Je ne pensais pas que ces informations seraient utilisées contre toi. Quand je t’ai vu ce matin-là, j’ai compris… »

Elle se redressa et le regarda dans les yeux.

« J’ai compris qu’ils allaient se servir de moi contre toi. Je l’ai lu dans tes yeux. Je n’ai ni ton courage ni ta force physique, mais je te fais confiance. Je sais que tu me sauveras. »

Quand Sheik vint rechercher Iria en vue de son prochain départ, en début de soirée, elle se leva et s’en alla. Les jeunes gens s’étaient préparés à cette séparation et s’étaient déjà dit au revoir. L’homme de Ganondorf en avait profité pour amener le repas du prisonnier. Avant de quitter la pièce, il lui apprit qu’ils quitteraient le campement le lendemain à la première heure.

« Tu ferais mieux de manger et de te reposer, maintenant. Nous avons une longue route à faire demain. »

Le jeune homme fit ce que Sheik lui avait conseillé. Très vite, une somnolence s’empara de lui. Comme le phénomène s’accentuait, le Héros du Crépuscule comprit qu’une drogue avait été mélangée à sa nourriture. Link fit de son mieux pour résister, mais il sombra dans l’inconscience.

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