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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 10

Chapitre 10

Le lendemain matin, les voyageurs étaient debout à l’aube et rassemblèrent leurs affaires pour partir rapidement. Ils avaient pratiquement terminé leurs préparatifs de départ quand des bruits de galop se firent entendre. Une troupe de guerrières foncer sur eux fonçait droit sur eux.

« Les Gerudos, cria le Héros du Temps en dégainant son arme. »

Devant lui se tenait Link qui avait également sorti son épée. Il s’en servit pour assommer son nouvel ami. Celui-ci n’eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant de s’effondrer.

Choqué par le geste qu’il venait d’accomplir, le jeune homme se tourna vers Sheik dans l’espoir de recevoir une confirmation de la nécessité de cette « déloyauté ». Au même moment, un coup de poing, donné par celui qui avait sa confiance, l’atteignit sur la tempe gauche. Le Héros du Crépuscule s’écroula, inconscient.

À son réveil, Link était de nouveau couché sur le sol de sa prison avec les mains attachées devant lui. Il eut une désagréable impression de déjà-vu. Le prisonnier avait évidemment été délesté de ses armes, mais sa tunique et sa cotte de mailles lui avaient été laissées. Sa tête bourdonnait, sans doute était-ce dû au coup reçu.

Le jeune homme s’assit et grimaça à cause de la douleur de son épaule. Il observa ce qui l’entourait et aperçut une autre personne qui était également enchaîné au mur : le Héros du Temps. Celui-ci présentait une marque à l’endroit où le jeune homme l’avait frappé et lui lançait des regards noirs.

Link comprenait la raison de ces reproches. Il éprouvait exactement le même sentiment vis-à-vis de Sheik. Ce dernier l’avait trahi.

« Tu as toutes les raisons de m’en vouloir. Ce que je t’ai fait est impardonnable, mais je n’avais pas le choix. Je t’ai dit que j’étais prêt à tout pour sauver mon amie. »

Son compagnon de cellule ne répondit pas, se contentant de le fixer.

« Je ne t’ai pas tout dit, hier soir. Après avoir replanté l’épée, je me suis réveillé ici. J’ai découvert que j’avais voyagé dans le temps et que j’étais à la merci de mon pire ennemi qui voulait me convaincre de l’aider à te capturer. Ignorant que mon amie était aussi entre ses mains, j’ai refusé. Il me l’a durement fait payer. Pendant trois jours, Ganondorf a tout tenté pour me briser.

— Visiblement, il a réussi.

— Tu te trompes. Tant que j’étais le seul à devoir subir son courroux, j’étais prêt à résister. Quand il a menacé Iria… »

Link ne put aller plus loin, la peur et la culpabilité commencèrent à reprendre le dessus sur son courage.

« Qu’est-ce qui me prouve que tu n’es pas en train de me mentir ?

— Ta méfiance est légitime, mais je suis dans la même situation que toi. Pourquoi crois-tu que je suis ici, enfermé et enchaîné ?

— Que comptes-tu faire maintenant ? Comment espères-tu sauver celle que tu aimes ? Ne sois pas étonné ! Ça se lit dans tes yeux.

— Je ne sais pas. Sheik devait m’aider, mais…

— Il t’a frappé et nous a livré tous les deux, pieds et poings liés.

— Oui ! Et maintenant que j’ai fait ce que Ganondorf attendait de moi…

— Il pourrait vouloir se débarrasser de toi et de ton amie. »

Link acquiesça, incapable de répondre. Le Héros du Temps le regarda dans les yeux. Les sentiments de culpabilité et de peur qu’il lisait dans ceux-ci n’étaient pas feints. À ce moment précis, ils entendirent des bruits de pas dans le couloir et se turent. Nabooru entra, suivie de deux gardes Gerudos.

« Toi, tu viens avec moi, dit-elle en regardant Link. Le Seigneur Ganondorf veut te voir. Il a encore une mission pour toi. Je vais te retirer tes chaînes, ne t’avise pas de tenter quoi que ce soit, tu sais ce qui arriverait à ta dulcinée. »

Touché au cœur, le jeune homme regarda dans la direction du Héros du Temps, celui-ci le regardait maintenant avec sympathie. Il se laissa faire pendant l’opération. Quand ses mains furent de nouveau attachées dans son dos par une corde, les gardes l’emmenèrent vers la sortie.

En quittant la forteresse, le captif aperçut Sheik qui s’avançait dans sa direction. Il se dégagea de ses gardes pour foncer droit sur lui. Celui-ci ne fit aucun geste pour se protéger. Ils s’écroulèrent tous les deux sur le sol. Link se retrouva allongé sur celui qui l’avait frappé, incapable de faire quoi que ce soit de plus.

« Quand tu affronteras Nabooru, murmura ce dernier, vise la pierre sur son front. Elle a été hypnotisée. »

Il n’eut pas le temps d’en dire plus. Déjà, les gardes les relevaient sans ménagement. C’est à ce moment-là que Link s’aperçut que Sheik avait également les mains attachées dans le dos. Le Héros du Crépuscule en fut troublé.

Il y pensait encore, lorsque Nabooru le força à se mettre à genoux devant Ganondorf.

« Alors, on se rebelle ? Sheik t’a fait un coup tordu ? Ah oui, je crois savoir qu’il t’a bien abîmé. »

Le tyran s’approcha de Link et examina la marque qu’avait laissée le coup. Il posa sa main sur la tempe du jeune homme penchant légèrement sa tête et appuya fortement son pouce sur la contusion, ce qui fit grimacer celui-ci, mais aucun son ne sortit de sa gorge.

« Effectivement, ce n’est pas joli. Ne t’inquiète pas pour ta belle gueule, ta blessure aura le temps de guérir avant que tu ne revoies ton amie… enfin, si tu la revois. »

Le jeune homme voulut se relever pour protester, mais les deux gardes l’en empêchèrent.

« À ta place, je la ramènerais moins. Il pourrait lui arriver des bricoles, à ta petite copine. »

Link ferma les yeux en cherchant à maîtriser sa colère. Quand il les rouvrit, le prisonnier avait retrouvé son calme et ses gardes lâchèrent quelque peu la pression.

« Voilà qui est mieux, nous allons enfin pouvoir parler sérieusement de ta prochaine mission.

— Que dois-je faire ?

— C’est simple : me ramener la princesse Zelda. Elle a disparu sans laisser de trace, il y a sept ans.

— Par où dois-je commencer les recherches ?

— Ça, ce n’est pas mon problème. C’est le tien. C’est Nabooru qui t’accompagnera, cette fois. Il s’avère que je ne peux plus avoir confiance en Sheik.

— Comme si tu avais déjà eu confiance en quelqu’un !

— Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air. Tu as deux jours pour te préparer. Mon capitaine d’armée t’apprendra ce que tu dois savoir. »

Le roi fit signe aux Gerudos qui ramenèrent le captif dans sa cellule où il retrouva ses deux compagnons.

« Link, je suis désolé. Je devais te frapper pour conserver ma couverture. J’aurais pu t’en parler avant, mais le coup devait paraître vrai. J’ai expliqué la situation au Héros du Temps. Je n’ai pas pu libérer Iria. Tu avais raison ! Ganondorf était au courant pour ma trahison. J’étais surveillé. Quand je suis entré dans la pièce où elle était retenue, les gardes me sont tombées dessus.

— Où est-elle ? Comment va-t-elle ?

— Elle va bien, ne t’inquiète pas. Aucun mal ne lui a été fait. Ils se sont contentés de l’enfermer dans une autre partie de la forteresse. »

Le jeune homme était soulagé de savoir qu’Iria n’avait subi aucun mauvais traitementUne autre mission venait de lui être confiée. Il venait de gagner un peu de temps.

Ils ne purent en dire plus, car la porte s’ouvrit. Deux Gerudos détachèrent Link et l’emmenèrent pour le conduire au gymnase où leur chef l’attendait. Elles le laissèrent au milieu de l’aire d’entrainement et allèrent s’asseoir pour observer l’exercice. Celle-ci lança une épée qui tomba aux pieds du jeune homme puis attaqua. Il eut juste le temps de ramasser son arme pour parer le coup, mais la violence du choc le fit chuter.

Nabooru revint à la charge. Link aurait pu recevoir l’épée entre les côtes s’il n’avait effectué une roulade lui permettant de se relever. Le Héros du Crépuscule ressentit rapidement une douleur lancinante au niveau de son épaule gauche, ce qui l’obligea à utiliser sa main droite.

Il y perdit en force et en dextérité. Les coups s’enchaînèrent. De très bon niveau, tous deux, ils arrivaient à contrer toutes leurs attaques respectives. Le combat dura plusieurs heures.

Sentant la fatigue le gagner, Link décida de tenter le tout pour le tout afin de porter un coup décisif à son adversaire. Il parvint à la faire chuter par un croche-pied bien placé et profita de ce moment pour frapper la pierre sur le front de sa rivale avec la garde de son épée.

Sous le choc, celle-ci se fêla, le coup n’étant pas assez fort pour la briser totalement. Personne ne sembla remarquer la petite fumée noire qui s’en échappa. Seul Link l’aperçut. Nabooru resta à terre quelques secondes.

Furieuse, elle se releva et désarma le jeune homme. La Gerudo l’attrapa par les cheveux et le força à s’allonger sur le ventre. Surpris par sa réaction et ne souhaitant pas attiser sa colère qui pouvait retomber sur Iria, il se laissa faire. La jeune femme lui lia les mains et le releva avec brutalité.

« Tu n’aurais pas dû faire ça, murmura-t-elle à son oreille. Je vais aller rendre une visite à ta petite amie.

— Non, laisse-la tranquille, elle ne t’a rien fait. C’est après moi que tu en as !

— La prochaine fois, tu réfléchiras à deux fois avant de faire quelque chose de stupide. Allez, avance. »

Elle le ramena dans sa cellule et le précipita contre le mur qu’il percuta de plein fouet. Link se retrouva sur le sol un peu sonné par le choc. Le prisonnier eut néanmoins le courage de relever la tête vers elle.

« Ne lui fais pas de mal, implora-t-il. Elle n’est pas responsable. Je suis prêt à accepter la punition que tu voudras m’imposer, mais ne la touche pas.

— Jusqu’où serais-tu prêt à aller pour que je la laisse tranquille ?

— Jusqu’au bout.

— Tu dois beaucoup tenir à elle. Merci pour l’information. »

Nabooru s’approcha et le releva. Puis, elle le plaqua contre le mur en le tenant à la gorge.

« Je serais ravie de t’infliger la correction que tu mérites, mais les coups que tu reçois n’ont pas les effets voulus. Ton insistance me donne une idée. Je ne vais pas aller lui rendre visite ce soir. Nous le ferons ensemble très bientôt. Nous verrons si tu as toujours envie de te rebeller quand tu auras vu ton amie subir les conséquences de tes actes. »

Link se tut. En voulant protéger Iria, il n’avait fait qu’aggraver la situation de la jeune fille et la sienne. Nabooru appela les gardes.

« Remettez-lui ses chaînes ! Demain, à la première heure, vous l’amènerez dans la cellule de son amie. Je vous y attendrai. N’hésitez pas à utiliser la force, même s’il est coopératif. »

Elle sortit. La discrète fêlure de son rubis n’échappa ni au Héros du Temps, ni à Sheik. Quand ils furent seuls, ce dernier observa le jeune homme qui semblait en proie à une grande inquiétude. Il voulut l’apaiser par une parole réconfortante.

« Link, je …

— Tais-toi ! Si je ne t’avais pas écouté, Iria n’aurait pas à subir la colère de Nabooru. Depuis le début, tu te moques de moi, mais c’est terminé ! Je ne croirais plus tes mensonges.

— Calme-toi, ajouta le Héros du Temps. T’en prendre à Sheik n’arrangera pas la situation. Nabooru cherche à te déstabiliser en utilisant ton point faible. Si tu te laisses envahir par des sentiments de culpabilité, elle aura gagné. Ce que tu as fait était nécessaire et portera ses fruits si tu sais être patient. Tu dois garder la tête froide si tu veux sauver ton amie. »

Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau. Une garde entra apportant le maigre repas des prisonniers. Ils reçurent chacun un morceau de pain et un peu d’eau. Incapable d’avaler quoi que ce soit, Link ne mangea rien. Il s’installa face au mur, tournant le dos à ses compagnons.

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