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Le Temps d’un Crépuscule : chapitre 59

Les différents gradés d’Hyrule se réunirent avec Link et les membres chargés de l’accompagner à l’intérieur du château.

 

« Nous ne pourrons pas atteindre le palais sans faire de victimes, commença Corentin.

— Ces hommes sont manipulés. Ils ne doivent pas perdre la vie dans cette guerre.

— Je comprends. Que comptes-tu faire ?

— Accéder à sa requête. Je crois que nous n’avons pas d’autre choix.

— Tu es fou, intervint Moï, il est hors de question que je te laisse y aller seul !

— Ce n’était pas mon intention. Mais, avant de vous exposer mon plan, nous devons régler un point important.

— Le traître, demanda le maître d’armes. Tu disais connaître son identité. »

 

Link commença par raconter l’étrange conversation à laquelle il avait assisté la nuit précédente. Le jeune homme avait eu du mal à trouver le sommeil, sentant que le destin de son royaume reposait une fois de plus sur ses épaules. Les doutes l’envahissaient. Que deviendrait Hyrule en cas d’échec ?

 

Vers minuit, il avait surpris deux personnes en train de discuter juste à côté de sa tente. Le Héros du Crépuscule avait alors tendu l’oreille. Les deux voix n’étaient pas suffisamment fortes pour être reconnues.

 

« Les troupes sont-elles prêtes à l’attaque ?

— Nous n’attendons que votre signal, capitaine Mithran. »

 

Tous les regards se tournèrent vers le concerné qui se trouvait adossé à la roche. Celui-ci leva les yeux vers Link, comme s’il s’attendait à cette accusation.

 

« Sur le moment, je pensais qu’il parlait de notre armée, mais ces mots prennent un tout autre sens, au vu des circonstances.

— Tu crois que je préparais un guet-apens, demanda-t-il en souriant.

— Tu ne le nies pas !

— Qu’est-ce que cela changerait, répondit-il en se redressant. Vous m’avez déjà condamné ! »

 

Deux généraux s’approchèrent de lui, suivis du Héros du Crépuscule.

 

« N’oppose pas de résistance. Je ne tiens pas à te faire de mal, mais je dois te mettre hors d’état de nuire.

— Tu fais une énorme erreur. C’est un piège et tu es en train de tomber dedans la tête la première.

— Je sais de quoi il est capable.

— Qui te conduira à travers les couloirs du château ?

— Ne t’inquiète pas, tu nous accompagnes toujours… »

 

Les généraux firent sortir Mithran, après lui avoir attaché les mains, et le confièrent à la garde de plusieurs soldats. Moï s’approcha du jeune homme et le prit à part.

 

« Es-tu convaincu de sa culpabilité ?

— Pour être honnête, je n’en sais rien, mais j’ai un doute. C’est sûrement un leurre. S’il était réellement du côté de son père adoptif, pourquoi avoir mis au point une histoire aussi compliquée ? Ce n’est pas dans les habitudes de notre ennemi. La seule certitude, c’est que nous sommes visiblement surveillés.

— Tu penses que le véritable traître est ici ?

— Probablement. Il doit croire que son plan a fonctionné. Il commettra peut-être une erreur…

— Nous devrons être prudents. »

 

Ils rejoignirent les autres qui parlaient avec animation. Tous se turent à l’arrivée du Héros du Crépuscule.

 

« Quelle est ton idée, lui demanda Moï.

— Je vais accéder à la requête de Ganondorf et emmener le traître ainsi que deux personnes : Corentin et toi. Tout en sachant que nous ne sommes pas sûrs d’en revenir… Donc, je comprendrais si tu préfères laisser ta place.

— Je viens avec toi, mais je pense que Corentin devrait rester avec ses hommes. Le combat qui risque de débuter exigera la présence de tous les chefs d’équipe. Il nous faut un volontaire.

— Tu as raison ! Nous ferons un appel parmi les troupes.

— Pas besoin, ajouta un des sous-lieutenants. Je vous accompagne.

— Que ferez-vous de votre unité ?

— Nous sommes deux à la tête de celle-ci et je ne suis que second…

 

Link observa le soldat avec attention, cherchant à connaître ses motivations.

 

« Pourquoi une telle proposition ?

— Je vis seul. La plupart de ceux qui sont ici ont une famille qui les attend. Ils auront plus de chance de survivre en demeurant de ce côté.

— C’est un geste d’une grande générosité. C’est entendu, vous viendrez avec nous, reprit Moï. »

 

Link s’apprêtait à retourner devant Cadmeen pour lui annoncer sa décision, mais Corentin l’arrêta.

 

« Attends ! Que devrons-nous faire, si l’armée de Tradan attaque ?

— Défendez-vous, répondit-il, mais évitez de les tuer. Essayez de leur enlever les colliers. Sans eux, ils redeviendront inoffensifs.

— Nous ferons le maximum. »

 

Le Héros du Crépuscule et les généraux revinrent devant Cadmeen qui attendait toujours.

 

« Tu n’as pas utilisé tout le temps que je t’ai donné. Mais peu importe ! Quelle est ta réponse ?

— Je viens…

— Sage décision…

— Je n’ai pas fini ! Je viens, mais pas seul.

— Tu comptes emmener tes gardes du corps ?

— Je désire être sûr que ton maître tiendra ses engagements.

— Ne t’inquiète pas, tu arriveras vivant jusqu’à lui. Que veux-tu d’autre ?

— Emmener le traître, Mithran, avec moi ! »

 

Le général regarda Link dans les yeux.

 

« Ainsi, tu as découvert son identité ?

— Il n’a pas été très discret…

— Reste ici, je reviens…».

 

Cadmeen partit en direction du château et le Héros du Crépuscule attendit, Moï à ses côtés.

 

« Je ne te comprends pas, Link. Pourquoi l’emmener avec nous ? Tu risques de le mettre en danger s’il est innocent.

— Il le sera là-bas aussi. Le véritable traître voudra l’empêcher de parler. Son rôle était de nous accompagner…

— Il devait nous guider… Et nous allons le livrer pieds et poings liés à celui qui désire lui faire payer son manque de loyauté.

— Je sais que l’idée peut sembler mauvaise, reprit le jeune homme en fixant son mentor, mais je te demande de me faire confiance. Je n’agis pas à la légère…

— Je suis content de t’entendre dire ça ! J’ai cru un instant que tu doutais de tes capacités. »

 

Link sourit à son maître d’armes. Ce dernier était convaincu de leur victoire. Le jeune homme espérait ne pas s’être trompé, car en cas d’erreur de sa part, ses amis risquaient de le payer de leur vie. D’un autre côté, l’échec condamnerait l’ensemble des peuples du pays.

 

Cadmeen ne tarda pas à réapparaître. À ce moment-là, certains esclaves se décalèrent afin de dégager une allée menant directement à l’entrée du palais royal.

 

« Tes conditions sont acceptées. Après toi ! »

 

Link attrapa Mithran par le bras et se mit à avancer avec lui. Le captif avait les mains attachées dans le dos.

 

« Je ne te poserai la question qu’une seule fois, lui murmura Link. Nous as-tu trahis ?

— Non, mais me croiras-tu, répondit-il en levant les yeux vers le jeune homme. Si tu me ramènes à mon père, tu me condamnes à mort.

— Je ne le laisserais pas te tuer ! Je vais te permettre de t’échapper. Puis-je te faire confiance ?

— À toi de voir, je n’ai aucune garantie à te donner.

— C’est ce que je voulais entendre. Voilà de quoi te libérer. Choisis bien ton moment pour l’utiliser. Excuse-moi d’avoir agi ainsi, mais je devais faire en sorte que tout le monde pense que tu es coupable.

— Pourquoi ?

— Pour que le véritable traître commette une imprudence. Corentin et Lafrel sont capables de le démasquer. Tant qu’il sera présent, nous serons vulnérables. J’espère que mon hypothèse est juste. La vie de tout un peuple dépend de mes décisions.

— Je t’aiderai de mon mieux ! »

 

Le Héros du Crépuscule glissa discrètement une petite lame dans la poche arrière du pantalon se son prisonnier. Ils continuèrent tous deux à avancer en silence, conscients que la dernière bataille était sur le point de commencer. Moï et le sous-lieutenant volontaire les suivaient. Ceux-ci n’avaient pas entendu un mot de la conversation.

 

Arrivés devant les portes du palais, ils s’arrêtèrent un instant pour jeter un œil en arrière. Les esclaves avaient repris leurs positions, leur coupant toute retraite. Un peu à l’écart se tenait Cadmeen qui souriait d’un air triomphant.

 

« Il est trop tard pour reculer ! »

 

Sans tenir compte de sa remarque, Link prit une profonde inspiration et entra dans le château, suivi des autres. Le hall était vaste et désert. Un tapis bleu traversait la pièce tout en longueur qui menait à un escalier. Aucun ornement ne venait apporter de chaleur au lieu. Le jeune homme se tourna vers le général.

 

« Où se trouve la salle du trône ?

— Droit devant. Monte et avance dans le couloir. Il te mènera directement là où Ganondorf t’attend. »

 

Link marcha, traînant toujours Mithran par le bras. Ses deux compagnons les suivaient. Le groupe gravit l’escalier dans le silence ambiant. Cadmeen semblait avoir cessé de les surveiller. Ce calme rendait le jeune homme nerveux, il sentait que son ennemi lui avait préparé une mauvaise surprise.

 

L’absence de soldats à l’intérieur du château lui rappela son arrivée dans la forteresse de Ganondorf en compagnie du Héros du Temps. Link se remit à avancer en observant tout autour de lui. Parvenu près de la porte de la Salle du trône, il posa la main sur la poignée et arrêta son geste en entendant un bruit étouffé derrière lui.

 

Il se retourna et aperçut le sous-lieutenant qui menaçait Moï de sa lame. Aussitôt, plusieurs gardes surgirent de nulle part et entourèrent le petit groupe.

 

« Tu pensais avoir découvert le traître, mais tu as fait une erreur sur la personne.

— Qui es-tu ?

— Tu ne sais pas qui je suis ! Mon nom est Milan. J’ai été moi aussi un des complices de Ganondorf, mais je me suis montré discret. Pas comme cette andouille de Vernarte. J’ai conservé ma fonction sans faire de zèle excessif. Et j’ai servi ma patrie du mieux que j’ai pu.

— Quelle est la cause de ce changement ?

— J’ai fait partie de ceux qui t’ont remis aux mains des soldats de Tradan. Le même jour, Ganondorf est venu au château. D’après les rumeurs, il devait épouser la princesse. Alors, je me suis rappelé à son bon souvenir. Je connais le sort réservé à ceux qui s’opposent à lui.

— Tu as choisi de t’allier à lui.

— Oui. Il m’a dit que des ordres me seraient données par la suite. J’ai reçu les premiers juste après ton retour. Je devais le tenir informé de tout ce qui se passait dans le royaume. C’est ce que j’ai fait.

— Donc, tu lui as dévoilé nos projets ?

— Bien sûr ! Et j’ai fait en sorte que les soupçons se portent sur un autre, selon les instructions de mon maître. Et son plan a parfaitement fonctionné. Comme il l’avait prévu, tu m’as emmené avec toi. Tu es tellement facile à comprendre. Alors, maintenant, ne bouge pas, si tu ne veux pas que ton ami perde la vie. Je veux voir tes mains. »

 

Link leva les bras. Un des soldats attrapa le fils adoptif du roi et l’éloigna du jeune homme. La porte s’ouvrit derrière ce dernier et sa lame fut retirée du fourreau. Le Héros du Crépuscule se retourna et se retrouva en face de son ennemi.

 

« Comment peux-tu …, commença Link.

— Toucher l’Épée de Légende ? Je te rappelle que je possède un fragment de Triforce, moi aussi. Je suis donc un Elu. »

 

Il se tourna vers un des gardes.

 

« Enlevez-lui ses armes et attachez-le. »

 

L’interpellé s’approcha de Link et suivit les ordres reçus avant de l’emmener à l’intérieur de la salle.

 

« Bien, laisse-nous, maintenant !

— Que doit-on faire de ses amis, mon roi ?

— Tuez-les !

— NON », hurla Link.

 

Ganondorf gifla le jeune homme avec une telle violence qu’il s’effondra sur le sol. Le soldat quitta la pièce en refermant la porte.

 

« Ils auront beaucoup plus de chance que toi.

— Que comptes-tu faire ?

— M’amuser un peu, pour commencer. »

 

Le roi de Tradan s’approcha de Link, le releva et l’emmena près des grandes portes-fenêtres qui donnaient sur le lieu de la confrontation. Il souleva les vêtements du jeune homme afin d’observer son dos.

 

« Je vois que tu t’es parfaitement remis de tes blessures. Et en un temps record qui plus est. »

 

Le roi de Tradan alla poser l’épée sur son trône, laissant le Héros du Crépuscule observer le combat qui faisait rage, puis revint se placer près de son captif.

 

« Regarde, j’ai lancé l’attaque contre ton peuple. »

 

Les peuples d’Hyrule étaient en train de perdre du terrain face aux nombreux esclaves qu’ils avaient en face d’eux. Link ferma les yeux en cherchant quelle erreur avait été commise. L’armée de Tradan avait un avantage : celui d’être constituée de soldats dépourvus de sentiments et de crainte. Leurs adversaires, quant à eux, tentaient toutes les manœuvres pour éviter d’ôter la vie à des innocents.

 

« Arrête ce combat, demanda-t-il.

— Ça ne fait que commencer, crois-moi. »

 

Ganondorf attrapa Link par le col de sa tunique. Ce dernier observa la salle dans laquelle il se trouvait. Hormis le trône au fond de la pièce et l’immense pierre rouge située à proximité des fenêtres, on ne pouvait voir aucun objet. Aucune décoration ne venait agrémenter les murs sans âme.  Des traces sur les parois témoignaient que cet endroit n’avait pas toujours été aussi épuré.

 

Le jeune homme rassembla tout son courage et fonça droit vers son ennemi. D’un simple geste de la main, Ganondorf arrêta la charge de Link et l’envoya percuter le grand caillou, placé dans le coin opposé. Il ferma les yeux sous la douleur provoquée par le coup et s’écroula sur le sol.

 

« Toute tentative de ta part est vouée à l’échec, ajouta-t-il en le relevant. Tu ferais mieux de rester tranquille. Ta fin est proche.

— Cette pierre, est-ce une pyronite ?

— Tu comprends vite. As-tu lu le livre ? J’imagine que non. Après tout, tu n’es qu’un berger… »

 

Link ne réagit pas à l’insulte. Le roi de Tradan l’observa en train de se relever.

 

« Si tu t’étais légèrement renseigné, tu saurais que les pierres, utilisées en complément de la potion, peuvent te rendre plus coopératif. Mais cette méthode nécessite d’être à côté de chaque esclave pour qu’il travaille. Ce qui n’était pas très efficace.

— D’où la présence de ce caillou…

— Tu n’es pas aussi stupide que tu en as l’air… C’est la pyronite qui relie toutes les autres : grâce à elle, il suffit de donner ses ordres à un seul d’entre eux pour qu’ils obéissent tous.

— Donc, un simple appel ici permettrait de faire cesser le combat ?

— Peut-être ! Tente le coup… »

 

Le Héros du Crépuscule observa son adversaire, réfléchissant à toute vitesse. Tout dépendait de lui. Le jeune homme se tordait les mains pour essayer de se détacher, mais les cordes étaient trop serrées. Soudain, il sentit un petit objet se trouvant dans sa poche.

 

La mini-bombe de Crahmé. Le soldat qui l’avait fouillé l’avait sans doute jugée inoffensive. Une idée germa dans son esprit. Il releva la tête et se remit à parler.

 

« Je pense que c’est inutile.

— Et tu as raison.

— Que se passerait-il si cette pierre était détruite ? »

 

Ganondorf partit d’un éclat de rire et regarda Link.

 

« Rien ne pourra la briser, à part une explosion. Mais je ne vois pas comment tu pourrais le faire. Dans l’hypothèse peu probable où tu réussirais à récupérer une de tes jolies bombes, la destruction de cette pierre couperait les communications avec les esclaves.

— Donc, le combat cesserait…

— Non, pas forcément. Il resterait les ordres donnés à chaque soldat. Cette action ne sauvera pas tes amis. »

 

Le Héros du Crépuscule regarda son adversaire. Le jeune homme devait absolument trouver un moyen de gagner du temps et, pour ce faire, il devait le faire parler.

 

« Comment as-tu réussi à t’en sortir ?

— Comme je te l’ai expliqué la première fois que je t’ai rencontré, j’ai eu des informations capitales sur mon futur.

— Xanto…

— Tu as bonne mémoire, mais tout est récent, dans ta tête. Pour moi, cela remonte à des centaines d’années… Cet idiot n’a pas été avare en détails. La seule chose qu’il ait oublié de me révélé, c’est la véritable identité de Sheik. Et pourtant, je le lui avais dit.

— Tu aurais dû faire le déplacement toi-même !

— C’est vrai, mais je ne savais pas s’il pourrait revenir, après avoir délivré son message. Je n’ai pas voulu prendre de risque.

— Tu préfères jouer avec la vie des autres… »

 

Ganondorf adressa un sourire à Link en l’observant attentivement. Celui-ci cessa tout mouvement. Il venait de réussir à glisser sa main dans la poche de son pantalon, mais la retira rapidement lorsque son ennemi s’approcha de lui.

 

« Vois-tu, je savais que le Héros du Temps parviendrait à me vaincre, c’est pour ça que j’ai cherché à éviter cette confrontation. Par contre, j’ignorais de quoi tu étais capable. Le portrait que m’avait fait Xanto démontrait de grandes aptitudes, mais je voulais me faire ma propre opinion. Tu es très fort. »

 

Le roi de Tradan observait son captif, guettant une réaction, mais ce dernier ne bougeait pas.

 

« J’ai éprouvé ton courage et tu as tenu bon, tu as même pu vaincre toute une armée avec l’aide de ton ancêtre. J’ai compris que je ne pourrais gagner contre l’union des deux Héros. C’est la raison pour laquelle j’ai fait le voyage dans le futur. Je n’aurais jamais imaginé qu’il te suivrait. Je vous ai sous-estimé tous les deux.

— Alors, tu as cherché à me discréditer aux yeux de mon peuple.

— Oui et je dois avouer avoir adoré ça. Tu as réussi à t’enfuir et à me faire pénétrer dans la clairière. Puis, vous m’avez battu et j’ai passé de nombreuses décennies dans le monde du Crépuscule. J’ai eu le temps de préparer ma vengeance. »

 

Ganodorf s’approcha de nouveau de Link et le saisit par le col de sa tunique pour le plaquer contre le mur, juste à côté de la pyronite. Le choc lui fit lâcher la mini-bombe qu’il venait enfin d’attraper. Celle-ci retomba au fond de sa poche.

 

« Oui, je voulais que tu payes pour cet échec et celui plus cuisant encore qui m’attendait. J’étais conscient du fait que je ne devais en aucun cas changer les événements qui devaient mener à ton séjour dans le passé. J’ai laissé les choses évoluer et je me suis débrouillé pour que tu penses m’avoir tué.

— Ton plan a parfaitement marché, répondit Link qui avait réussi à sortir l’objet qu’il tenait fermement dans sa main droite.

— Il a été élaboré de façon méthodique et poussée. J’ai cherché un endroit où me cacher et j’ai appris l’existence de ce pays et de ce souverain qui était soupçonné d’avoir usurpé le trône. Alors, je suis venu et je l’ai menacé de tout révéler s’il ne me cédait pas sa place. Évidemment, il a refusé.

— Comment l’as-tu convaincu ?

— J’ai utilisé la mine d’informations qu’était la bibliothèque du château d’Hyrule. J’y ai lu beaucoup de choses intéressantes, comme la manière de fabriquer le produit qui permet de contrôler les hommes. Le livre que tu m’as volé regorgeait d’idées.

— Le roi a eu droit à ce traitement, comme la princesse et Nabooru.

— Ne parle pas de ce que tu ignores. Pour elle, tout a été différent… »

 

Ganodorf relâcha le jeune homme et se mit à arpenter la pièce.

 

« Les Gerudos sont particulièrement sensibles à cette pierre. Quelque chose dans leur sang. Cela provoque invariablement le même phénomène : la perte totale de tout sentiment de pitié. Tu es bien placé pour le savoir. Vernarte et Zelda ont bu une potion fabriquée à l’aide d’une molécule ayant les mêmes caractéristiques.»

 

Link se rappela la façon dont la jeune femme l’avait traité après qu’il eut réussi à fissurer la pierre qu’elle avait sur le front.

 

« J’ignore comment tu as pu la libérer.

— J’ai dû fendre le caillou.

— Je comprends mieux pourquoi je n’ai rien remarqué. Tu as dû la déboiter de son socle. Elle n’était donc plus en contact direct avec sa peau… »

 

Ganondorf se tourna vers la fenêtre pour observer l’extérieur.

 

« Tes amis sont en mauvaise posture, dit-il en souriant. Pour en revenir au sujet qui nous intéresse : je t’ai vu réapparaître après ta victoire dans le passé. J’ai assisté à ta fuite quand Vernarte t’a attaqué. Je suis allé lui parler, mais il a refusé de m’aider. Alors, j’ai utilisé le fameux produit sur lui. Je comptais l’employer sur toi à ce moment-là, mais l’intervention de cet imbécile m’a coupé l’herbe sous le pied.

— Tu l’as convaincu de me livrer à ton général.

— Exactement. J’ai même réussi à lui faire croire que te vendre était son idée. »

 

Link qui cherchait à amorcer la bombe arrêta son geste un instant pour fixer son attention sur son adversaire. Ce dernier souriait devant sa réaction. Il se concentra de nouveau sur sa tâche et réussit à déclencher le mécanisme. Le Héros du Crépuscule lâcha l’objet près du caillou et s’approcha de Ganondorf.

 

Le captif risqua un regard en direction du lieu du combat et remarqua des formes allongées sur le sol. Link sentit un frisson courir sur sa peau. De sa position, il ne pouvait pas savoir à quel camp appartenaient les victimes, déjà nombreuses.

 

L’intensité de la déflagration le surprit. Crahmé n’avait pas menti à propos de l’efficacité de son invention. L’explosion le projeta contre le trône et brisa toutes les vitres. Il se releva et observa autour de lui.

 

Le jeune homme chercha son adversaire, mais ne le vit pas. Son arme se trouvait à présent juste à côté de lui, il s’en servit pour couper les liens enserrant ses poignets. L’épée en main, Link parcourut la pièce des yeux. La pierre s’était désintégrée et une poussière rouge retombait doucement sur le sol rendant la salle obscure.

 

Il s’approcha de la fenêtre pour voir les conséquences de la destruction de la pyronite sur les esclaves, mais la lutte n’avait pas cessé. Un rire retentit derrière lui. Ganondorf sortit de la brume provoquée par les débris.

 

« Tu as réussi à faire entrer une bombe dans mon palais. Malheureusement pour toi, elle ne semble pas avoir eu l’effet escompté sur mes combattants. Chacun d’eux obéit encore au dernier ordre reçu.

— Quel est-il ?

— Probablement : tuez-les tous ! »

 

Link jeta un denier regard vers ses amis et se retourna vers son adversaire qui affichait un sourire cruel. Il leva son épée et la dirigea vers Ganondorf.

 

« Tu vas payer pour ça ! »

 

Le roi de Tradan dégaina sa propre lame et fonça droit vers le jeune homme. Celui-ci réussit à parer le coup, mais la violence du choc le fit reculer le rapprochant du vide qui remplaçait désormais les fenêtres brisées par l’explosion.

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