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Le Temps d’un Crépuscule : chapitre 58

Link observa l’objet qui se trouvait dans sa main. Il s’agissait d’un petit morceau de tissu épais en forme de rond sur lequel le symbole de la Triforce était dessiné.

 

« Qu’est-ce que c’est, demanda le jeune homme.

— La plus petite bombe au monde. »

 

Le Héros du Crépuscule posa son regard sur Crahmé.

 

« Ça fait des semaines que je travaille dessus. Je viens tout juste de réussir à découvrir le bon dosage.

— Vu la taille, ça ne doit pas faire beaucoup de dégâts !

— Tu seras surpris. Cette petite chose a autant de puissance qu’une de celles que tu utilises d’ordinaire. C’est ce qui a déclenché l’explosion chez moi.

— Comment est-ce que ça fonctionne, demanda Link, en observant l’objet avec attention.

— Tu vois le petit cordon ? »

 

Link attrapa celui-ci, mais Crahmé l’empêcha de tirer dessus.

 

« Attends ! C’est le seul exemplaire. Garde-le ! Tu pourrais en avoir besoin. Je dois en fabriquer d’autres. Pour amorcer la charge, il suffit de l’arracher et tu as une vingtaine de secondes pour t’éloigner.

— Que peut-elle détruire ?

— À peu près tout ce qui se trouve à cinq mètres de la déflagration.

— Existe-t-il un risque si je la transporte ?

— Non, le système de mise en route demande une double action : tu dois appuyer sur ce petit bouton avant d’arracher la ficelle. »

 

Link rangea l’objet dans la poche arrière de son pantalon et remercia chaleureusement le marchand. Ensuite, il se dirigea vers son cheval et grimpa sur la selle. Cinq minutes plus tard, le Héros du Crépuscule sortait du village, escorté par plusieurs soldats. Ils ne rencontrèrent aucun ennemi pendant la traversée des différentes plaines qui menaient à la citadelle d’Hyrule. Lorsque le groupe arriva en vue du palais, deux gardes partirent en éclaireurs pour avertir la princesse du retour de Link.

 

En entrant par la porte est, le jeune homme eut une surprise. Les habitants de la ville étaient venus en grand nombre pour assister à l’arrivée de celui qui avait tant fait pour eux. Ce dernier dut avancer au centre d’une haie d’honneur jusqu’à la grille principale, s’arrêtant à chaque pas pour serrer des mains. Le passage au milieu de cette foule en liesse raviva d’anciens souvenirs douloureux. Le peuple ne l’avait pas toujours accueilli avec autant de chaleur. Il marchait lentement en regardant autour de lui, craignant des signes d’hostilités.

 

Une fois dans l’enceinte du château, Link se sentit soulagé de retrouver le silence apaisant des jardins. Il fut introduit dans la salle du trône avec plusieurs membres de son escorte, dont Moï, Corentin et Lafrel faisaient partie. Tous s’agenouillèrent devant la princesse qui s’approcha pour relever le jeune homme.

 

« Je suis heureuse de te revoir, lui dit-elle en murmurant. Comment te portes-tu ?

— Mieux », répondit-il en souriant.

 

Zelda fit un geste de la main pour signifier aux autres qu’ils pouvaient également se remettre debout. Puis, elle prit la parole.

 

«  Votre présence en ce lieu a une raison bien précise. Comme vous le savez sans doute, les intentions de Ganondorf sont de s’emparer de notre royaume. Le Héros du Crépuscule a entamé une longue lutte contre lui. »

 

La princesse se tourna alors vers Link.

 

« Nous savions, suite à l’attaque dont tu as été victime peu de temps après ton arrivée à Cocorico, que tu étais surveillé. Ce matin, j’ai reçu un messager de Tradan qui m’a remis une lettre du roi. Celle-ci a confirmé mes soupçons.

— Que disait-elle ?

— Cette missive t’était adressée.

— À moi ?

— Oui, ton ennemi n’ignore pas que tu as retrouvé tes forces et te provoque en duel. Il t’invite à le rejoindre dans son château, seul.

— J’avais de toute façon l’intention de m’y rendre. Je désire tenir la promesse que j’ai faite à Roven.

— Je m’en doutais. C’est pourquoi j’ai demandé à te voir ainsi que les membres de ta protection rapprochée.

— Tu veux m’en empêcher ?

— Non, car tu ne m’écouteras pas. Mais je refuse que tu y ailles sans allié. Tu seras accompagné de plusieurs volontaires.

— J’imagine que tu as une idée sur leur identité… »

 

La princesse pivota alors en direction de l’équipe de défense. Tous donnèrent leur accord, affirmant qu’ils seraient ravis d’aider le héros du Crépuscule dans sa quête. Puis elle se pencha de nouveau vers Link.

 

« Je pense que tu auras là des compagnons dévoués et je serai plus tranquille. Je ne te demande qu’une seule chose : reviens en vie. Pendant ton absence, j’ai préparé une attaque : le royaume peut déclarer la guerre à celui de Tradan.

— C’est contraire à la politique d’Hyrule. Tu risques de mettre en péril les relations de vos pays.

— Justement, non. J’en ai longuement discuté avec le Premier Ministre et tous les hauts fonctionnaires. Ganondorf ne respecte pas les droits élémentaires de ses sujets. Nous ne pouvons pas permettre à ce monstre de continuer à réduire son peuple en servitude, surtout dans de telles conditions.

— Quel est ton plan ?

— L’armée est prête à partir. Nous t’accompagnons jusqu’au château et nous créons une diversion pendant que tu essayes d’y pénétrer.

— Il doit s’attendre à notre venue. Il comprendra aisément en voyant les soldats d’Hyrule. De plus, ses troupes seront constituées d’esclaves. Ils sont innocents et ne doivent pas mourir dans une guerre.

— C’est pour cette raison que les hommes ont déjà reçu l’ordre de ne tuer personne. Dès que tu seras entré, nous nous replierons et ce sera à toi et à tes acolytes d’agir.

— Pourquoi ne pas me laisser y aller seul puisqu’il le désire ?

— Parce que notre ennemi est un fourbe et qu’il a sûrement préparé un piège. Si tu rentres dans son palais sans protection, tu n’en sortiras pas vivant. Ganondorf n’est pas réputé pour tenir ses engagements.

— C’est vrai, mais c’est une affaire que je dois régler moi-même.

— Sans l’Épée de Légende, tu ne peux pas le vaincre.

— Je suis revenu ici pour la trouver. »

 

Zelda se tut et observa attentivement le jeune homme.

 

« La dernière fois que je l’ai vue, j’étais dans cette pièce, commença-t-il. J’étais venu pour te sauver. Je l’avais encore avec moi lorsque je me suis battu contre Vernarte.

— Oui, mais Cadmeen t’a attaqué en traître.

— C’est vrai, il m’a envoyé une fléchette empoisonnée, probablement le même produit utilisé lors de mon enlèvement. Je me suis évanoui. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé après. À mon réveil, j’étais enfermé dans une cellule et accusé d’avoir attenté à ta vie. Que t’ont-ils fait ?

— Ils se sont occupés de moi et m’ont fait respirer ce que tu avais pris au général. J’ai ressenti une violente douleur et j’ai perdu conscience. J’ignore ce qui est arrivé ensuite. Lorsque je suis revenue à moi, tu avais déjà été conduit au camp de Tradan.

— Penses-tu que l’un de nos adversaires aurait pu l’emmener ?

— C’est probable. Ganondorf connait son pouvoir. Il a pu demander à l’un de ses hommes de la lui rapporter.

— Mais personne n’est censé pouvoir la toucher.

— Il existe bien des façons pour la déplacer ou l’emporter sans mettre la main dessus.

— Si cette lame est en possession de notre ennemi…

— C’est vraisemblablement le cas. Nous avons fouillé le château sans réussir à la retrouver. Tu devras tout faire pour la lui reprendre.

— Comment être sûr que c’est lui qui l’a ? »

 

Subitement, une voix familière résonna dans les oreilles de Link qui se retourna la main sur son épée. Ce dernier vit alors le roi Bulbin s’avancer vers lui. Celui-ci possédait une forte carrure et avait la peau verte. Son visage rond était fendu d’un sourire qui dévoilait de petites dents jaunâtres.

 

« Je sais où se trouve l’Épée de Légende. »

 

Il portait encore les traces de leurs anciens duels : l’une des cornes qui ornaient sa tête avait été brisée lors de sa chute du pont surplombant le lac Hylia. Ce jour-là, Link l’avait affronté pour la première fois. Le jeune homme escortait Thelma, Iria et Lars, le prince des Zoras vers le village de Cocorico.

 

À cette époque, son amie avait perdu la mémoire et ne le reconnaissait pas. Celle-ci avait tout tenté pour sauver l’enfant qu’elle avait trouvé sur le bord de la route, lors de sa propre fuite. Le seul qui pouvait l’aider était le prêtre Reynald.

 

Pour atteindre le village, ils avaient dû emprunter un passage gardé par le roi Bulbin. Après un combat difficile, le Héros du Crépuscule avait réussi à faire tomber son adversaire directement dans le lac, se situant en contrebas.

 

Lors de leur dernière rencontre qui avait été marquée par une troisième victoire de Link, le personnage avait dévoilé que son peuple se contentait de suivre le plus fort. Et maintenant, il était de nouveau devant lui, mais ne semblait pas du tout belliqueux.

 

La princesse qui craignait une réaction violente du jeune homme posa une main sur son bras, pour l’apaiser.

 

« Je dois encore te révéler une chose. J’ai fait appel aux autres habitants du pays afin de nous aider à vaincre Ganondorf. Eux aussi sont menacés. Les Bulbins également, car, suite à ton triomphe face à leur chef, ils se sont retirés de la guerre.

— Et notre ennemi n’est pas du genre à pardonner.

— Comme je te l’ai dit à l’époque, reprit le souverain, nous nous allions avec le plus redoutable, ni plus, ni moins. Nous avons accepté de vous accompagner dans cette bataille par respect pour ton courage.

— Tu connais l’endroit où se trouve ma lame.

— Oui, comme tu le sais, j’ai travaillé pour ton adversaire. Ses instructions m’étaient données par un certain Cadmeen.

— C’est celui qui a réussi à me réduire à l’impuissance, le jour où j’ai retrouvé une partie de ma mémoire.

— Je l’ai croisé dans le désert. Je l’ai directement reconnu. Il avait en sa possession un objet qui me semblait familier. Alors, je l’ai suivi.

— L’Épée de Légende ?

— Exactement, il a rejoint une troupe qui se rendait dans ton royaume. Ils se sont installés sur les rives du lac Hylia. J’ai profité de la nuit pour envoyer un de mes soldats récupérer ton arme. Je te l’ai ramenée. »

 

Un grognement s’échappa de ses lèvres et un Bulbin, créature à la peau verte, entra en tenant un coffre à bout de bras. Il s’approcha de Link qui l’ouvrit. L’épée était à l’intérieur. Le jeune homme attrapa le manche, sortit la lame de son fourreau et la brandit, sentant la force de celle-ci l’envahir de nouveau.

 

« Merci, dit-il en s’adressent au roi. Je vous suis reconnaissant de l’aide que vous m’avez apportée.

— Elle ne s’arrête pas là. J’étais venu annoncer à la princesse que mon armée serait prête à partir demain matin.

— Les nôtres aussi ! »

 

Le Héros du Crépuscule se retourna pour voir qui venait de parler. Il reconnut immédiatement le prince des Zoras qu’il avait réussi à sauver en l’emmenant auprès du père Reynald. Celui-ci avait bien grandi depuis sa dernière rencontre avec Link. Élancé et l’œil vif, Lars présentait les différentes caractéristiques de sa race, habituée à vivre dans les profondeurs du lac Hylia.

 

Muni d’un système respiratoire double, il avait la faculté d’être à l’aise sous l’eau comme les poissons, tout en étant capable de rester dans un milieu plus sec. Malgré ses pieds palmés et son corps recouvert d’écailles, il ne semblait pas incommodé dans cet environnement.

 

« Je suis content de te savoir en vie, Link, lui dit-il en souriant. Ta disparition m’a causé énormément de tracas.

— Te retrouver me fait plaisir, à moi aussi. Je vois que tu as profité de mon absence pour augmenter ta taille », ajouta le jeune homme.

 

La peau claire du Zora contrastait avec celle de son compagnon de route, Morock, le chef des Gorons. Ce dernier était habitué à la chaleur, car son peuple vivait dans les profondeurs d’un volcan. Entraîné à manipuler de lourdes roches, il avait développé une certaine musculature.

 

Plus grand que la plupart de ses congénères, le dirigeant était craint par l’ensemble de ses sujets. Pourtant, il était toujours prêt à venir en aide à ceux qui en avaient besoin.

 

« Nos chemins se croisent à nouveau, dit-il en regardant Link dans les yeux. J’ai appris que tu étais intervenu pour nous soutenir lors de nos difficultés. Ton courage est exemplaire. Tu pourras toujours compter sur l’appui des Gorons. »

 

Le jeune homme se tourna vers la princesse afin d’obtenir quelques explications.

 

«  J’ai fait appel à toutes les bonnes volontés pour la guerre qui arrive. Ganondorf a largement eu le temps de se préparer et toutes les forces seront utiles. Nous serions tous en danger, si notre ennemi parvenait à ses fins.

— Je comprends !

— Merci à vous, mes amis, ajouta Zelda. Nous prendrons la route, demain matin. En attendant, je vous invite à terminer les derniers préparatifs. »

 

Sur ces mots, elle mit fin à la séance et regagna ses appartements, après avoir fait promettre à Link de venir la rejoindre le soir même.

 

Le reste de la journée se déroula en deux temps. Le jeune homme accompagna Corentin et Moï qui voulaient vérifier que l’armée d’Hyrule serait bien prête au départ le lendemain matin. Puis il se rendit à la taverne de Thelma où Iria était également présente.

 

Leurs retrouvailles furent chaleureuses. Les deux femmes forcèrent Link à leur raconter son histoire dans les moindres détails. Elles avaient entendu parler de la tentative d’enlèvement ratée. La tenancière ne laissa le Héros du Crépuscule quitter son établissement qu’après lui avoir offert un repas. Elle le trouvait amaigri.

 

La nuit était tombée lorsqu’il se dirigea vers le palais. On lui fit savoir que la princesse l’attendait dans le petit salon. Le majordome conduisit Link à travers les couloirs et sortit de la pièce. Celle-ci était vide.

 

L’endroit avait été aménagé avec goût par Zelda elle-même, vu qu’elle y passait énormément de temps. Deux canapés, séparés par une table basse sur laquelle un service à thé avait été posé, trônaient en son milieu. Le bleu profond de la moquette contrastait avec la pâleur de celui des murs. Des fleurs avaient été posées sur les différents meubles qui décoraient la salle.

 

Link décida d’aller prendre l’air sur la terrasse, avant l’arrivée de son hôtesse. Le balcon était délimité par une barrière à hauteur d’épaules. Ses pas résonnèrent sur le dallage, lorsqu’il franchit la porte-fenêtre.

 

Il vit une forme humaine accoudée sur la clôture. Plongée dans ses pensées, celle-ci ne l’avait pas entendu. Le Héros du Crépuscule se plaça derrière elle et passa ses bras autour de la taille de Zelda qui eut un léger sursaut, avant de reconnaître celui qui l’avait rejointe.

 

« Je suis désolé d’être en retard. Thelma a tenu à me préparer un repas. Tu la connais. Elle me trouve trop maigre…

— Elle a raison, ajouta la princesse en se retournant et en le fixant dans les yeux. Tu as perdu beaucoup de poids pendant tes années de captivité.

— Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ?

— Non, ne t’inquiète pas, on s’occupera de ce problème plus tard quand tu auras… »

 

Les yeux de Link devinrent sombres, comme si un nuage venait de les traverser. Il lâcha la princesse et s’accouda à la barrière à ses côtés.

 

« Oui, si je parviens à le vaincre…

— En douterais-tu ? »

 

Le jeune homme acquiesça. Il craignait de ne pas être à la hauteur. À chacune de ses tentatives de défaire son ennemi, celui-ci avait réussi à survivre malgré tout et à revenir.

 

« Il s’attend à notre venue et aura préparé une offensive. J’ai peur pour les nombreux soldats qui risquent de mourir dans une guerre que j’ai causée.

— Tu n’en es pas responsable. Ganondorf est le seul coupable dans cette affaire. Je comprends tes inquiétudes. Elles sont totalement justifiées.

— Si je ne parviens pas à le battre cette fois, le royaume et tous ses habitants seront perdus.

— Tu dois avoir foi en toi !  »

 

Zelda vint poser sa tête sur l’épaule de Link qui mit son bras autour de la taille de la princesse. Ils restèrent un long moment en silence. Lorsqu’il sentit sa compagne frissonner, le Héros du Crépuscule lui proposa de rentrer prendre une boisson chaude.

 

La jeune femme se releva et se tourna vers lui. Lorsque leurs regards se croisèrent, le monde entier cessa d’exister autour d’eux, les enfermant dans une bulle de bien-être. Leurs visages se rapprochèrent lentement.  Au moment même où leurs lèvres se touchèrent, leurs yeux se fermèrent.

 

Après un tendre baiser, Link et Zelda se séparèrent et décidèrent de revenir dans le petit salon. Ils discutèrent plusieurs heures pour définir ce qu’il conviendrait de faire à leur arrivée au château de Tradan. Ensuite, chacun regagna sa chambre pour s’y reposer.

 

Le lendemain, l’armée d’Hyrule et ses alliés se mirent en marche en direction du désert, accompagnée de soldats Zoras et Gorons, ainsi que de nombreux Bulbins, conduits par leur souverain. Le trajet fut long, car les légions se déplaçaient à pied.

 

Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de l’endroit où Link avait vécu un véritable cauchemar, ce dernier sentait son cœur battre toujours un peu plus fort. La troupe passa la nuit suffisamment loin de leur destination pour ne pas éveiller l’attention et repartit à l’aube afin de surprendre ses adversaires au réveil.

 

Une fois arrivés, en vue du palais royal, ils s’aperçurent qu’une énorme unité d’esclaves les attendait de pied ferme. Le seul chemin escarpé qui menait au château était bloqué par des milliers d’hommes et de femmes. Ils portaient tous une épée dans un fourreau et avaient les yeux fermés, sans bouger. Cette vision inquiéta le Héros du Crépuscule qui se tourna vers Moï.

 

Tous deux se trouvaient en tête de peloton et furent les premiers à voir l’accueil qui leur avait été réservé. La fatigue se lisait sur le visage de Link. La perspective de devoir affronter de nouveau son ennemi l’avait empêché de dormir.

 

« Je me doutais que Ganondorf avait prévu notre venue. Depuis combien de temps sont-ils là à attendre notre venue ? »

 

Mais le maître d’armes n’eut pas le temps de répondre à la question. Une voix familière résonna aux oreilles de Link.

 

« Depuis que vous avez quitté votre campement cette nuit. »

 

C’était Cadmeen, le bras droit de Ganondorf.

 

« Nous savions que tu ne serais pas suffisamment courageux pour venir seul. »

 

Le jeune homme voulut descendre de son cheval pour montrer à son adversaire qu’il ne manquait pas d’audace, mais Moï le retint par le bras, puis s’adressa directement à Cadmeen.

 

« Il vous a suffisamment prouvé sa force de caractère !

— Justement, il sait de quoi nous sommes capables. Nous avons réussi à le faire trembler et hésiter…

— Ce n’est pas par la lâcheté qu’il a agi de la sorte. Ton maître ne respecte jamais ses engagements. Link ne serait jamais sorti vivant de ce château, s’il avait osé y pénétrer seul. Nous sommes là pour veiller à son retour.

— Oh ! Tu as des protecteurs. Tu risques effectivement d’en avoir besoin.

— J’imagine que tu as posté des sentinelles tout le long du chemin, intervint Link.

— Même pas !

— Comment as-tu fait ? »

 

Le sourire qui apparut sur le visage du général ne laissa aucun doute au Héros du Crépuscule. La conversation à laquelle il avait involontairement assisté la nuit précédente lui revint en mémoire. Sur le moment, les paroles prononcées lui avaient paru insignifiantes. Pourtant avec le recul, certains mots employés prirent un tout autre sens.

 

« Un traître, nous avons un traître ! Et je sais qui c’est ! »

 

Moï regarda son élève, sans comprendre. Corentin venait de les rejoindre. Cadmeen reprit, s’adressant directement à Link.

 

« Ganondorf m’a envoyé te proposer un marché. Il tient à t’affronter seul à seul. Suis-moi sans discuter jusqu’à lui et personne ne sera blessé. Je te donne une heure pour en discuter avec tes amis. »

 

Les soldats hyliens restèrent face à leurs adversaires pendant que les différents généraux organisaient une concertation autour du Héros du Crépuscule afin de décider de la conduite à tenir.

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