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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 31

La matinée touchait à sa fin quand Ganondorf et son armée arrivèrent sur le lieu du rendez-vous. Celui-ci s’approcha de l’entrée de l’Ancien Sanctuaire et s’arrêta. Il venait d’apercevoir Link, qui se trouvait de l’autre côté de la clairière, lui tournant le dos.

 

« Tu es en avance !

— Toi aussi, répondit le Héros du Crépuscule en se retournant. »

 

Ce dernier posa sa main sur le manche de la lame qu’il portait sur son dos, mais ne la dégaina pas. Sur un signe de leur chef, les soldats se déployèrent et formèrent un cercle à la périphérie de la clairière, rendant toute tentative de fuite impossible. D’autres se placèrent tout autour du piédestal afin d’empêcher Link d’y replanter l’Épée de Légende. Ce n’est qu’à ce moment que Ganondorf entra lui-même dans l’Ancien Sanctuaire. Ensuite, trois autres hommes firent leur apparition, en poussant devant eux les otages. Ils étaient bâillonnés et avaient les poignets attachées.

 

« Tu as réussi à t’évader malgré les précautions que j’avais prises pour l’empêcher, mais, cette fois, tu ne m’auras pas. Tu voulais me ramener dans le passé, tu risques d’avoir des difficultés. Ton ami m’a révélé ton plan ! Tu ne pourras pas le mener à son terme. C’est étonnant ce qu’on arrive à obtenir d’un homme quand on lui fait croire qu’on détient sa famille. »

 

Il fit un signe et le commandant Vernarte apparut traînant un Moï qui avait du mal à le suivre. Le maître d’armes était également attaché. Celui-ci regarda son ancien élève dans les yeux et murmura :

 

« Pardonne-moi !

— Comme tu as tenté de me tromper, les conditions ont changé. Rends-toi sans faire d’histoire ! De toute façon, je connais tes intentions et tu ne pourras pas agir à ta guise. Où sont le Héros du Temps et la princesse qui se déguise en homme ?

— Tu les verras bien assez tôt. Qu’est-ce qui te fait croire que mon plan ne fonctionnera pas ? »

 

Ganondorf s’imaginait que Link cherchait juste à gagner du temps et se mit à rire. Il fit un signe aux soldats qui préparèrent leurs arcs et pointèrent leurs flèches dans sa direction.

 

« Tu penses parvenir à planter l’épée que tu portes sur ton dos dans le piédestal alors que mes hommes le gardent et sont prêts à te cribler de flèches au moindre mouvement ?

— Cette épée, répondit Link en la lâchant. Ce n’est pas la mienne !

— À qui est-elle, alors ?

— À lui, disant ses mots, il désigna un mur sur lequel était installé le Héros du Temps. »

 

Celui-ci était accroupi et tenait entre ses mains un arc. Il envoya une flèche qui partit au dessus de sa tête, puis sauta dans la clairière en criant :

 

« Oui, c’est la mienne ! »

 

Ganondorf et ses hommes suivirent la flèche des yeux. Celle-ci alla couper une corde qui pendait à un arbre dont le feuillage couvrait la clairière. Un éclat de lumière apparut lorsque l’Épée de Légende tomba en direction du piédestal et s’y enfonça au moment même où le Héros du Temps touchait le sol.

 

Elle avait été attachée aux branches et venait d’être libérée par le projectile. Les soldats qui se trouvaient autour prirent peur en voyant l’arme arriver droit sur eux et se dispersèrent parmi les autres.

 

Tous ceux qui étaient présents sur le site sentirent le mécanisme se mettre en route. Une vive douleur traversa chacun d’eux. Link faisait de son mieux pour lutter contre les sensations de mouvements afin de demeurer conscient. La paix du royaume dépendait de sa capacité et de celle de son allié à résister au phénomène.

 

Quand la souffrance disparut, le jeune homme se redressa. Ils étaient maintenant dans le Sanctuaire. Presque tous les gardes étaient tombés dans l’inconscience ainsi que les otages. Ganondorf avait fait une chute, mais était bien éveillé. Il se releva face au Héros du Temps qui le regardait.

 

« Tu ne pensais tout de même pas que nous allions révéler notre plan à un homme qui venait te voir, dit-il en reculant pour rejoindre Link qui lui rendit sa lame. Nous savons ce que tu es capable de faire pour avoir des informations. »

 

Ganondorf sortit son épée et s’approcha des otages, évanouis sur le sol.

 

« Vos amis vont payer pour vous.

— Sheik, maintenant », hurla Link.

 

Celui-ci apparut derrière leur ennemi. Il venait d’entrer par la porte du temple.

 

« J’en appelle aux six sages du Conseil Constitutionnel : Rauru, Saria, Darunia, Ruto, Impa et Nabooru. Nous vous demandons de protéger Iria, Thelma et Corentin ainsi que Moï de la colère de Ganondorf. Empêchez également les soldats de porter secours à leur maître. »

 

Des étoiles scintillantes se mirent à descendre du plafond et tombèrent sur les otages. Ils furent enveloppés et disparurent en une gerbe d’étincelles. Des murs s’élevèrent devant les rangs des soldats qui se trouvèrent séparés de leur chef.

 

« Notre plan a parfaitement fonctionné. Nous avons envoyé Sheik dans le passé et il s’est entretenu avec les sages pour préparer notre arrivée. Nous n’avions plus qu’à te laisser entrer dans la clairière pour te ramener ici. Qu’en penses-tu ?

— Tu t’obstines à vouloir contrecarrer mes plans. Ce sera la dernière fois que tu essayeras. Je vais vous écraser comme j’aurais dû le faire depuis le début.

— C’est ce qu’on va voir, répondit Link, en ramassant une autre arme qu’il avait cachée à proximité.

— J’aurais dû te faire exécuter dès le premier jour. »

 

Les deux héros dégainèrent. Soudain, une voix se fit entendre.

 

« Vous n’allez pas commencer les festivités sans moi ! »

 

Link se tourna vers celui qui avait parlé. Il avait reconnu le commandant Vernarte. Celui-ci pivota vers Ganondorf.

 

« Laissez-moi m’occuper du Héros du Crépuscule pendant que vous réglez son compte à l’autre. Je vous promets de vous le garder en vie pour que vous puissiez le tuer de vos propres mains.

— Tu veux prendre ta revanche ? Vas-y ! Défoule-toi ! Mais contente-toi de le blesser ! »

 

Le Héros du Temps jeta un coup d’œil à son compagnon. Était-il prêt à affronter à nouveau celui qui avait déjà failli le tuer ? Link qui avait deviné l’inquiétude de son ami lui adressa un sourire rassurant. Il était préparé !

 

Après un dernier regard d’encouragement mutuel, Link s’approcha de Vernarte. Ce dernier fit de même, l’épée qu’il lui avait volée à la main. Le commandant arriva près du jeune homme en le fixant avec mépris.

 

« Comment va ton épaule ? Je vois que tu es incapable de te servir de ton bras gauche. Quel dommage pour toi !

— Je suis capable de me défendre aussi bien avec le droit.

— Dans ce cas, montre-moi ! Depuis le temps que j’attends ce moment. Je vais te vaincre avec ta propre épée. Tu mourras de ma main sous ta lame.

— Ne viens-tu pas de promettre à ton patron que tu lui laisserais le plaisir de me tuer ?

— J’ai menti. Je suis passé maître dans cet art. Tu dois payer pour tout ce que tu m’as fait.

— Quels sont mes tort, demanda Link, cela a-t-il un rapport avec les arrestations qui ont suivi la défaite de Ganondorf ?

— Exactement, tu as détruit ma vie ! »

 

Le commandant attaqua le premier. Il abaissa son arme sur Link qui bloqua avec la sienne.

 

« Avant que tu ne viennes tout gâcher, j’étais un soldat respecté, mais il a fallu que tu commences ta fameuse traque des complices. J’ai été accusé par ta faute.

— Je n’ai fait que suivre les instructions de la princesse Zelda. Si tu as été accusé, c’est qu’il y avait des preuves. »

 

Pendant le temps de cet échange, le commandant n’avait pas relâché la pression sur son épée. Link parvint enfin à la faire dévier et à se redresser.

 

« Il y en avait effectivement, dit Vernarte en chargeant de nouveau. La seule raison pour laquelle j’ai suivi ses ordres, c’était pour que ce monstre ne massacre pas ma famille. »

 

Link réussit de nouveau à bloquer le coup et se retrouva coincé entre l’épée et le mur situé derrière lui. Il sentit son bras droit faiblir sous la force de son adversaire et dut prendre son arme à deux mains pour pouvoir faire dévier la lame. Le jeune homme lança une offensive. Les fers s’entrechoquèrent.

 

« Je ne te comprends pas. Tu as été blanchi. Tu es devenu commandant.

— Peut-être, mais tout le monde ne l’a pas accepté. J’ai réussi à gagner la confiance de mes hommes, mais pas celles des habitants de la ville. Ils me méprisent. Et ça, c’est de ta faute.

— Et ta famille ?

— Ils m’ont abandonné ! Eux aussi me voyaient comme un traître ! »

 

De colère, il releva son épée et l’abaissa en direction de son adversaire. Link eut juste le temps de se baisser, mais son geste ne fut pas assez rapide. La lame du capitaine lui effleura l’épaule, déchirant sa tunique. Les mailles de la cotte protégèrent son corps d’une nouvelle blessure, mais le coup réveilla la douleur et le fit chuter.

 

Le commandant Vernarte s’approcha de lui tout en continuant à parler :

 

« J’ai donc décidé de te le faire payer. Je savais que Ganondorf avait pour plan de revenir par la porte du temps. Je l’avais entendu en parler, sans qu’il le sache. Je t’ai suivi quand tu es venu replanter l’épée et j’ai attendu son retour. C’est moi, qui l’ai fait entrer dans le château sous un nom d’emprunt. »

Link essaya de se relever, mais son adversaire mit le pied sur son épée et plaça sa lame sur sa gorge.

 

« Puisque, selon toi, je suis le seul responsable, pourquoi ne t’es-tu pas contenté de me tuer ? Tu as dû en avoir l’occasion.

— Parce qu’ils te traitaient comme un héros alors que moi, ils me considéraient comme un traitre. Je voulais que les rôles changent. J’ai pris un énorme plaisir à te faire passer pour un criminel et je suis devenu celui qui t’avait arrêté.

— Et maintenant, que comptes-tu faire ?

— Prendre ta vie… »

 

Disant cela, Vernarte souleva son épée et tenta de l’abattre sur la poitrine de son opposant. Plus vif que l’éclair, celui-ci lâcha la sienne et roula sur le côté. La lame gémit quand elle alla se coincer entre deux pierres.

 

Link en profita pour se relever et désarçonna son adversaire qui tomba sur le sol, libérant l’arme qu’il maintenait sous son pied. Le jeune homme la ramassa et se remit en garde.

 

« Ce ne sera pas aussi facile que tu le croies ! »

 

Vernarte revint à la charge. Les chocs se multiplièrent. Link se défendait de son mieux, mais il commençait à fatiguer et la douleur dans son épaule augmentait. Le jeune homme vit la rage de son ennemi s’épaissir également.

 

Le commandant remarqua que son adversaire faiblissait et accentua ses attaques. Link recula pour mieux pouvoir contrer les coups, mais il perdit l’équilibre et sa tête vint heurter le mur de briques derrière lui. Celui-ci s’écroula un peu sonné.

 

Le Héros du Crépuscule lutta pour reprendre ses esprits et aperçut Vernarte qui courait dans sa direction l’épée levée. Il eut le réflexe de placer la sienne juste devant lui en utilisant ses deux mains et la brandit en avant. Cette action eut raison de ses forces. Sentant son corps pencher d’un côté, Link s’effondra et ferma les yeux, s’attendant à vivre ses derniers instants.

 

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