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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 29

La nuit s’achevait et le Héros du Temps commençait à s’inquiéter. Cela faisait un bon moment que Link était parti et il craignait que ce dernier n’ait eu l’idée folle de voler au secours d’Iria, seul. Quelques minutes plus tard, le jeune homme reparut et s’approcha de son ami.

« Je te dois des excuses. Je n’aurais pas dû m’énerver contre toi. Tu as fait ce que tu as pu pour m’aider. Tu m’as sauvé la vie à deux reprises et je te remercie en te hurlant dessus. Je suis désolé.

— Je te comprends. C’est ton amie et tu es inquiet pour elle. Nous irons la délivrer. Je t’en fais la promesse. Avant tout, tu devrais aller faire soigner ton épaule. Je vois que ta blessure saigne encore.

— Tu as raison, j’y vais. »

Sheik qui avait tout entendu s’approcha du jeune homme et l’emmena s’asseoir sur une souche d’arbre pour pouvoir examiner la plaie. Plusieurs points avaient sauté. Il proposa à Link de prendre une potion pour l’étourdir un peu, mais celui-ci refusa.

« Pas besoin. Je veux garder les idées claires. Nous devons rapidement préparer un plan pour sauver Iria. »

Sheik refit la suture, nettoya la blessure et lui remit un bandage serré. Ensuite, Link le remercia et s’approcha de Moï qui était resté près du feu.

« Tu es arrivé au bon moment. Sans toi, nous n’aurions pu fuir.

— Nous n’avons pas été assez rapides.

— Que veux-tu dire ?

— Lafrel et moi avions découvert que Ganondorf savait où vous étiez. D’après nos informations, l’attaque ne devait avoir lieu que ce matin. Alors, nous avons préféré attendre que la nuit soit tombée pour vous prévenir, imaginant qu’il ferait garder la taverne.

— Vous avez eu raison. S’ils vous avaient vu entrer, cela n’aurait fait que confirmer notre présence.

— Lorsque nous sommes arrivés, nous avons effectivement vu des gardes, mais ceux-ci n’étaient pas là pour vous surveiller. Ils se préparaient à donner l’assaut. J’ai envoyé Lafrel vous prévenir et je suis venu vous attendre à la sortie des égouts. Avec Thelma, nous avions convenu qu’elle vous ferait partir par là, en cas de problème.

— Il est bien venu nous avertir, mais ils l’ont blessé ! Lorsque nous nous sommes échappés, nous n’avons pu l’emmener avec nous. Nous ignorons tout de son sort.

— Ne te reproche rien, ses intentions n’étaient pas de vous suivre. Il voulait couvrir votre fuite.

— Comment Ganondorf a-t-il su où nous nous cachions ?

— Il a vite compris que quelqu’un avait donné un plan de la prison à tes amis. Ils t’ont trouvé trop facilement. La cellule où tu étais enfermé est inaccessible sans connaître les lieux.

— Moi-même, j’en ignorais l’existence.

— Il a découvert que vous étiez passés par les égouts. Cela fait des jours que ses soldats les explorent. Malheureusement, vous avez laissé des traces de votre passage.

— Le sang, intervint le Héros du Temps qui s’était joint à la conversation. Tu en as perdu beaucoup, même si Sheik a réussi à limiter les dégâts.

— Oui, ils n’ont eu qu’à suivre la piste que vous aviez laissée pour retrouver la sortie près de la taverne. Il ne restait plus qu’à faire surveiller le quartier. Tu devines la suite.

— Comment as-tu appris tout ça ?

— Par Corentin ! Il a pris le risque de venir nous informer du danger qui vous menaçait.

— Pourquoi n’est-il pas venu nous prévenir directement ?

— Son supérieur ne devait pas apprendre qu’il était en contact avec tes amis. C’est lui qui nous a dit qu’ils n’attaqueraient que demain !

— Si les gardes ont donné l’assaut avec de l’avance, ça veut dire que son implication a été découverte.

— Probablement ! Un garçon si courageux.

— Nous le sauverons en même temps qu’Iria. Je lui dois bien ça ! Sans lui, je serais probablement toujours enfermé. Que fait-on maintenant ? »

Un silence s’installa entre eux. Link réfléchissait aux différentes possibilités qui s’offraient à eux. Après quelques instants d’hésitation, Moï reprit la parole.

« Je vais retourner en ville. Je suis celui qui passera le plus facilement inaperçu. J’irai prendre des nouvelles de Lafrel à la taverne et j’essayerai de voir si je peux en apprendre un peu plus sur Iria et sur Corentin.

— Pas question, répondit le jeune homme. C’est trop dangereux !

— On n’a pas le choix. Il faut que quelqu’un le fasse. Je suis le mieux placé. Ganondorf ne me connait pas.

— Les soldats t’ont vu. Il a certainement une bonne description de toi. Ta tête doit avoir été mise à prix.

— Link a raison, intervint le Héros du Temps. Il vaut mieux être deux pour qu’en cas de pépin, quelqu’un puisse prévenir les autres. Je viens avec toi.

— C’est à moi d’y aller, s’emporta le jeune homme.

— Tu es trop concerné et tu ne pourras pas te contrôler, si tu la vois. De plus, avec ton épaule, tu ne peux pas te battre. Laisse-moi y aller !

— Il a raison, fit remarquer Sheik. Tu as encore besoin de repos. Dans ton état, tu ne seras utile à personne. »

Le jeune homme regarda ses amis. Il devait bien admettre qu’ils avaient raison : sa blessure le faisait souffrir et ne lui permettrait sans doute pas de monter à cheval. Pourtant, son seul désir était d’agir pour sauver Iria.

« D’accord, mais ne restez pas partis trop longtemps. Si le lendemain de votre départ, vous n’êtes pas rentrés, je vous rejoins.

— C’est entendu. »

Le lendemain matin, le Héros du Temps et Moï prirent le chemin de la citadelle, leurs visages dissimulés sous de grandes capes de voyage. Link passa la journée à tourner en rond, ne sachant que faire pour calmer son impatience. Il espérait que ses amis ne resteraient pas partis trop longtemps, mais les heures s’écoulèrent et ils ne revenaient pas.

Link repensait à Iria, se rappelant du jour de la Fête de Triomphe. C’est à ce moment-là qu’il avait prévu d’avouer ses sentiments à la jeune fille, mais les événements en avaient décidé autrement. Et depuis, l’occasion ne s’était pas présentée.

La nuit tomba et avec elle, les inquiétudes. Il était plus de minuit quand ils rentrèrent enfin. À voir leurs têtes, Link et Sheik comprirent que les nouvelles n’étaient pas bonnes. S’inquiétant pour son amie, il demanda

« Iria, elle …

— Elle est vivante, lui dit le Héros du Temps. Ganondorf ne lui fera aucun mal. Il a besoin d’elle comme monnaie d’échange.

— Que veux-tu dire ?

— Nous sommes entrés dans la citadelle séparément. Moï devait se rendre à la taverne pour prendre des nouvelles de Thelma et de Lafrel. Je le suivais pour être sûr qu’il ne lui arrive rien.

— Deux soldats me sont tombés dessus dès que j’ai passé la porte, ajouta Moï. Ils m’ont immobilisé et m’ont amené à Ganondorf qui était présent. Apparemment, il se doutait qu’on viendrait chercher des nouvelles de nos amis. Thelma a été arrêtée, mais Lafrel est mort. J’ai vu son corps, laissé en plein milieu de la taverne.

— Je l’attendais dehors, reprit le héros du Temps, guettant le moindre bruit qui me paraîtrait suspect, mais je n’ai rien entendu. Je m’étais caché pour ne pas être reconnu par les habitants. Je ne le voyais pas revenir et je commençais à m’inquiéter. Il est ressorti de la taverne au bout de plusieurs heures, mais est passé devant moi sans s’arrêter. J’ai compris qu’il y avait un problème.

— Si l’un de nous rencontrait des complications, nous devions nous retrouver à l’extérieur de la citadelle.

— Je me suis donc rendu à l’endroit convenu. Moï m’a raconté son entrevue avec le tyran. »

Link se tourna vers Moï.

« Que voulait-il ?

— Ganondorf voulait que je te porte un message.

— Lequel ?

— Il est prêt à faire un échange : Iria, Thelma, et Corentin contre toi, Sheik et le Héros du Temps. Tu as le choix du jour et du lieu.

— Et comment dois-je lui donner ma réponse ?

— C’est moi de la rapporter ! Si je le fais, il me rendra ma femme et mes enfants. »

Link s’assit. La situation ne faisait que s’aggraver. Ganondorf avait maintenant plusieurs otages. Il ne pouvait supporter l’idée que quelqu’un meure à sa place.

« Que doit-on faire ?

— C’est un piège. Il ne relâchera personne, dit Sheik. Ce n’est pas dans ses habitudes.

— Je le sais, mais n’y a-t-il pas quelque chose à tenter ? »

Le Héros du Temps s’avança.

« J’ai une idée.

— Nous t’écoutons.

— Nous ferons l’échange dans l’Ancien Sanctuaire. Là-bas, il te suffira de planter l’épée dans le socle pour nous ramener dans le passé. Le voyage devrait l’étourdir un peu. Cela nous laissera le temps de mettre les otages en sécurité. Nous pourrons ainsi l’affronter.

— Acceptera-t-il d’entrer, sachant que la Porte du Temps s’y trouve ?

— En cas de refus, l’arrangement sera nul et nous repartirons chacun de notre côté. »

Link regarda son ami dans les yeux et comprit que celui-ci lui demandait d’accepter les termes de ce plan tels quels et qu’il aurait les explications plus tard.

« On peut toujours tenter le coup. Nous verrons bien s’il viendra. Moï, es-tu prêt à y retourner pour donner notre réponse ?

— Je crois que je n’ai pas le choix. Si je ne reviens pas, il tuera les miens. Quel est le message ?

— Dis-lui que nous sommes d’accord pour l’échange. Nous lui donnons rendez-vous demain en fin d’après-midi dans l’Ancien Sanctuaire.

— Je partirai au lever du jour.

— Très bien, nous ferions mieux de profiter du reste de la nuit pour nous reposer. La journée risque d’être longue. »

Le Héros du Temps fit mine d’aller se coucher. En passant près de Link, il lui dit :

« Merci de m’avoir suivi. Je t’explique tout demain. »

Au lever du jour, Moï repartit seul pour la ville. Lorsqu’il fut sûr que celui-ci était bien parti, le Héros du Temps appela ses compagnons.

« Ne vous affolez pas, mais notre ami risque de dévoiler nos plans à notre ennemi.

— Qu’est-ce qui te fait croire ça, demanda Link.

— Comme l’a fait remarquer Sheik, Ganondorf n’a pas l’habitude de relâcher ses prisonniers. Je ne pense pas qu’il ait renoncé à tuer Iria devant toi. Moï sera interrogé et parlera. Tu connais ses méthodes d’interrogatoire aussi bien que moi. J’ai donc fait exprès de l’induire en erreur, pour lui donner une chance d’être crédible et de s’en sortir en vie.

— Que fait-on alors ? Si nos intentions sont dévoilées, il n’entrera jamais dans la clairière.

— Justement ! Il viendra, mais après s’être assuré que tu seras dans l’incapacité d’atteindre le piédestal. J’ai une autre idée, mais nous n’avons que très peu de temps pour tout préparer, car notre ennemi se rendra sur les lieux bien avant l’heure prévue. Je vous propose de nous rendre dès à présent à la clairière. Vous aurez les explications en chemin ! »

Ils reprirent leurs affaires et se rendirent sur le lieu du rendez-vous.

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