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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 27

Pendant ce temps, à la taverne, l’état de santé de Link ne s’aggravait. La fièvre l’avait gagné et rendait son sommeil très agité. Sheik s’employait à essayer d’enrayer l’infection, mais celle-ci était ancrée en profondeur et le jeune homme n’avait pas suffisamment de forces pour la combattre. Si le prêtre de Cocorico ne trouvait pas un moyen de l’aider, il n’y survivrait pas.

Au fond de son inconscience, Link évoluait dans un monde d’obscurité. Il était dans un long couloir et avançait dans le noir absolu. Ses appels restaient sans réponses…

La nuit était déjà tombée lorsque Thelma entra dans la chambre. Elle apportait un bol de soupe pour le blessé. Sheik prit le récipient et la cuillère et tenta de le faire manger, mais l’agitation du malade ajoutait de la difficulté à sa tâche. Ils durent se mettre à deux pour qu’il en avale péniblement la moitié.

«  Ce n’est pas comme ça qu’il va reprendre des forces, soupira-t-il. Nous devons trouver un autre moyen pour le nourrir. As-tu des nouvelles de nos amis ?

— Non, aucune et je commence à être très inquiète pour eux. Ils devraient être rentrés depuis plusieurs heures. J’espère qu’il ne leur est rien arrivé sur la route.

Juste à ce moment-là, la porte de la chambre de Link s’ouvrit. Le Héros du Temps entra suivi par Iria. Ils semblaient exténués.

«  Que vous est-il arrivé ?

— Nous avons été repérés dans la plaine d’Hyrule. Nous avons réussi à les semer dans la forêt, mais nous avons dû attendre la tombée de la nuit pour rentrer. Nous ne voulions pas prendre le risque d’être suivis. Comment va-t-il ?

— Son état s’aggrave. J’espère que vous me ramenez de quoi le soigner. »

Sheik saisit le paquet que lui tendait le Héros du Temps et regarda les différents remèdes s’y trouvant. Puis il prit la lettre du prêtre et se mit à la lire.

« D’après ce qu’il me dit, je vais devoir nettoyer la plaie en profondeur. Il décrit les différentes étapes. Je vais préparer le matériel nécessaire. Je vais aussi devoir vous demander de sortir pendant l’opération. Iria, peux-tu m’aider ? »

La jeune fille accepta et s’enferma avec Sheik dans la chambre de Link. Le Héros du Temps s’installa dans le couloir. Il était rongé par l’inquiétude. La porte resta fermée plusieurs heures durant. Lorsqu’enfin elle se rouvrit, Sheik semblait très fatigué.

«  Alors ?

— Il faut attendre ! J’ai fait de mon mieux. La blessure a été nettoyée et suturée. Je lui ai donné les différents remèdes de Reynald. Maintenant, c’est à son tour de se battre. Nous allons instaurer surveillance constante. Je vais le garder cette nuit. Iria et toi devriez aller vous reposer. Tu prendras le relais demain matin. »

Le Héros du Temps et Iria quittèrent la pièce pour regagner les leurs.

Quand il se réveilla le lendemain matin, le jeune homme alla tout droit dans la chambre de Link pour avoir des nouvelles du blessé. Sheik était occupé à essayer de lui faire prendre sa potion.

«  Va-t-il mieux, demanda-t-il.

— Je n’ai observé aucun changement.

— Va te reposer, je vais prendre le relais.

— Merci. Je viens de lui donner la potion. Thelma ne va pas tarder avec la soupe. Tu pourras la lui faire avaler ?

— Elle m’aidera en cas de besoin. »

Sheik se leva et regagna sa chambre. Peu après, Thelma fit son apparition dans la pièce. Elle apportait deux bols de potage chaud. Le Héros du Temps la regarda d’un air interrogateur.

«  La seconde est pour toi. Tu n’as rien avalé depuis ton retour de Cocorico. Tu ne lui seras d’aucune utilité si tu tombes malade. »

Le jeune homme sourit à Thelma. Elle ne pouvait s’empêcher d’être aux petits soins pour eux et avait probablement servi le même couplet à Iria. Il accepta le bol que lui tendait Thelma, avec reconnaissance.

«  Les remèdes font-ils de l’effet ?

— Sheik n’a pas observé de mieux durant la nuit.

— As-tu besoin d’aide pour lui faire avaler sa soupe ?

— Je pense que je devrais y arriver.

— Dans ce cas, je te laisse. »

Le Héros du Temps prit le bol et s’approcha du blessé. Avec une infinie patience et une grande douceur, il lui fit boire la totalité du liquide en repensant aux dernières paroles du prêtre :

« Link mène actuellement un combat moral, probablement, le plus difficile de sa vie. Il est perdu dans un monde de ténèbres et se bat contre la mort. Le seul moyen de l’aider est de le ramener à la lumière, de lui faire prendre le bon chemin. »

Le Héros du Temps se mit alors à parler afin de guider son ami.

Seul dans l’obscurité, Link n’avait aucune idée de la direction à prendre. Le couloir qui s’étendait devant lui était semblable à ceux des sous-sols du château. Il croyait n’avoir jamais quitté sa prison et cherchait inlassablement la sortie, craignant de rencontrer des gardes qui le ramèneraient dans sa cellule.

 

Son chemin se divisait en deux routes : l’une le conduirait à la vie et l’autre à la mort. Le jeune homme tâtonnait pour trouver des indices lui indiquant laquelle emprunter, quand une voix familière, à peine perceptible, se fit entendre. Rassuré, il avança vers l’endroit d’où provenaient les paroles…

Le Héros du temps ne s’était pas arrêté de parler. Il avait observé une réaction sur le visage du blessé. Ses traits s’étaient détendus et son sommeil semblait déjà moins agité.

Lorsqu’Iria apparut, en début d’après-midi, il lui recommanda de continuer à le guider avec des mots pendant qu’il faisait part de sa découverte à ses amis. Ils se relayèrent toute la journée auprès de l’inconscient de façon à ce qu’il y ait toujours quelqu’un à ses côtés.

Cette nuit-là, ils dormirent à tour de rôle. Le jeune homme s’était couché aux petites heures du jour. En s’éveillant, il se rendit directement dans la chambre de Link. Iria s’était endormie sur la chaise à côté du lit.

Link s’était arrêté dans le couloir sombre, les murmures avaient cessé. L’obscurité s’était épaissie. Il n’entendait plus rien. La panique commençait de nouveau à le gagner.

Le nouveau venu la réveilla.

« Va te coucher !

— Je veux veiller sur lui !

— Je reste avec lui ! S’il y a le moindre changement, tu seras prévenue. Tu ne peux rien faire de plus et tu as besoin de repos ! »

Vaincue par l’argument, la jeune fille fit ce que son ami lui conseillait. Ce dernier s’assit à côté du lit et recommença à parler au blessé, l’encourageant à se battre.

Une autre voix se faisait entendre, familière, rassurante. Cette fois, elle ne se contentait pas de murmures. Des mots arrivaient jusqu’à lui.

«  Bats-toi … amis … Iria … courage »

 

Link se releva et continua d’avancer, tentant de rejoindre la personne qui lui parlait …

 

En début de soirée, Link n’avait toujours pas ouvert les yeux. Ses compagnons s’organisèrent pour la nuit. Il ne devait jamais rester seul. Iria refusait dorénavant de sortir de la chambre et Thelma lui avait installé un lit dans un coin de la pièce. Elle voulait être présente quand il s’éveillerait.

Le lendemain, il n’y avait aucun changement. Celui qui l’avait veillé cette nuit-là partit se coucher en fin de matinée. Iria et Sheik avaient pris le relais auprès du malade.

Link marchait droit devant lui, suivant la voix qui se fit plus nette, plus douce. Il crut apercevoir une lueur dans l’obscurité et se dirigea vers cet endroit. La lumière était chaude, rassurante…

 

Le jeune homme se sentit soulevé. Enveloppé d’une impression de bien-être et d’apaisement, il ferma les yeux et se laissa aller…

 

Lorsque le Héros du Temps rejoignit ses compagnons en début de soirée, Link était immobile. La pâleur très prononcée de son visage lui fit craindre le pire. Sheik s’était endormi sur le bord du lit. Pris de peur, il s’approcha et mit sa main sur le front du blessé.

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