Gamezik

Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 22

Sous le choc des paroles de Ganondorf, Link se releva et s’assit sur la banquette. Il ne devait pas se décourager. Tout n’était pas encore fini. Tant que ses amis étaient libres, tout espoir n’était pas perdu. Le Héros du Crépuscule se rendait compte que son ennemi cherchait à le déstabiliser pour mieux pouvoir le manipuler. Sa seule chance était de réfléchir aux différentes possibilités qui s’offraient à lui au lieu de s’avouer vaincu.

Peu après, le commandant Vernarte entra, suivi de quatre gardes armés. Il s’approcha de la grille pendant que deux soldats refermaient la porte en fer derrière eux. Avec un sourire malveillant, le chef de section observa Link. Absorbé dans ses pensées, ce dernier n’avait pas remarqué leur entrée.

« Aurais-tu fini par comprendre que ta vie va se terminer ici », lui demanda-t-il en ricanant.

Le jeune homme leva la tête et dévisagea le commandant, mais il ne dit rien. Les quatre gardes attendaient devant la cellule. Link leur accorda un bref regard avant de reporter son attention sur Vernarte.

« Nous sommes venus te chercher ! Notre Premier Ministre a organisé un rassemblement spécial en ton honneur. Enlève ta tunique et ta cotte de mailles, tu ne vas plus en avoir besoin.

— L’épée et la médaille ne te suffisent pas. Tu veux aussi mes vêtements. Prendre les affaires des autres, ça porte un nom : c’est du vol. »

Le chef de section regarda le jeune homme en souriant.

« Venant d’un homme condamné à mort, cette remarque est tout à fait déplacée.

— Par contre, elle est tout à fait adaptée dans la bouche d’un innocent.

— Cesse de discuter et fais ce que je t’ai demandé ! »

Link se leva et s’approcha de la grille.

« Que feras-tu si je refuse ?

— Je te déconseille de le faire. Tu pourrais avoir à le regretter amèrement.

— Ton maître a déjà essayé de me forcer la main. Tu ne possèdes pas les bons arguments. Tu ne me fais pas peur !

— C’est ce qu’on va voir ! »

Le commandant se dirigea vers ses gardes pour leur ouvrir la cellule avec la clé qui ne le quittait jamais et referma derrière eux.

« Vous savez ce que vous avez à faire », leur dit-il.

Les soldats s’approchèrent de Link qui ne bougea pas. Il remarqua que ceux-ci ne portaient pas d’arme sur eux. Arrivés à son niveau, ils lui attrapèrent les bras dans le but de l’immobiliser. Le jeune homme se dégagea de leur étreinte.

Le Héros du Crépuscule désirait montrer à son ennemi qu’il ne se considérait pas comme ayant perdu la partie. Si ces soldats voulaient l’emmener quelque part, ils ne devaient pas compter sur sa collaboration.

« Décidément, tu cherches vraiment les problèmes. Si tu te laissais faire, tout se passerait beaucoup plus facilement et ce serait moins douloureux pour toi. »

Le prisonnier envoya son poing vers le visage de l’un de ses adversaires. Le garde qui était visé réussit à esquiver le coup et attrapa le bras de Link qu’il tordit violemment, le forçant à s’agenouiller. Derrière la grille, le commandant souriait en observant le jeune homme qui s’efforçait de ne pas crier.

Les autres soldats aidèrent leur collègue. Ceux-ci allongèrent le Héros du Crépuscule sur le sol et l’un d’eux s’affaira à lui enlever sa tunique pendant que les autres lui maintenaient les poignets et les jambes. Ensuite, ils firent de même avec la cotte de mailles. Cette opération fut plus difficile compte tenu de la matière dans laquelle le vêtement avait été fabriqué.

Link avait tenté de se rebeller et de se remettre debout, mais la force de ses agresseurs était supérieure à la sienne. Avant de le relever avec brutalité, ils lui avaient attaché les mains derrière le dos. Le commandant Vernarte, qui n’avait rien perdu de la scène, entra dans la cellule à son tour et s’approcha de son captif.

« Tu vois ! Ta résistance était inutile. Tu ne fais pas le poids face à l’élite de mon armée. Ces hommes ont suivi un entraînement spécial. Ils n’ont pas besoin d’arme pour tuer. »

Il attrapa le jeune homme par les cheveux et approcha son visage du sien.

« Notre Premier Ministre m’a averti que tu te préparais à renouveler ta tentative de fuite de ce matin. Alors, j’ai pris mes précautions. »

Le commandant plaça une sangle autour du cou de Link et tira, bloquant ainsi sa respiration.

« Voilà ce qui arrivera si tu essayes de nous fausser compagnie. Comme tu peux le constater, tu n’iras pas loin. Suis-nous gentiment et tout se passera bien. »

Vernarte relâcha la pression et Link sentit que la sangle se détendait. Il put reprendre une respiration normale, entrecoupée de fortes quintes de toux. Le commandant donna un coup sec sur la lanière pour le faire avancer, ne lui accordant que quelques secondes pour se remettre. Ils sortirent de la cellule.

Deux des gardes s’occupèrent d’ouvrir la porte pour laisser passer le groupe escortant le captif. Ils le conduisirent par les galeries et quittèrent les sous-sols pour se diriger vers les jardins du château, situé juste entre celui-ci et la citadelle.

Link était inquiet. Où pouvaient-ils l’emmener ? Ganondorf lui avait pourtant bien affirmé qu’il ne serait pas exécuté tout de suite, puisque celui-ci voulait le voir assister au trépas d’Iria. Avait-elle été capturée malgré la vigilance du Héros du Temps ?

Le prisonnier se rendit compte que Vernarte le menait vers le portail qui permettait d’accéder à la ville. Link sentait l’accélération des battements de son cœur. Qu’allaient-ils faire de lui ? Pourquoi était-il traîné en dehors du palais ?

Link entendit des clameurs venant de la cité. Apparemment, de nombreuses personnes devaient attendre son apparition. Il comprenait à présent l’utilité de la sangle. Le commandant désirait juste l’humilier en l’exhibant comme un animal dangereux.

Ils passèrent la porte. Le jeune homme aperçut une grande foule rassemblée sur la place principale. Tous les visages étaient tournés vers lui, comme le jour pas si lointain où il avait été applaudi et récompensé pour sa victoire contre Ganondorf. Pourtant les deux évènements n’avaient rien à voir l’un avec l’autre.

Link ressentait une forte animosité de la part des habitants à son égard et sentait peser sur ses épaules le poids de la haine éprouvée par ceux qui l’avaient porté en triomphe. Le Héros du Crépuscule s’arrêta et regarda autour de lui. Il cherchait parmi les observateurs un quelconque réconfort dans cette épreuve, mais n’en trouva aucun.

Il ne remarqua pas l’étrange personnage dissimulé sous un long manteau qui l’observait avec compassion. Le commandant tira un coup sur la sangle pour lui intimer l’ordre d’avancer. Le prisonnier reprit la marche, évoluant entre les gardes qui retenaient la foule massée derrière eux.

Il percevait des rires moqueurs parmi le public. Le voir tenu en laisse amusait certains d’entre eux. Ce qui accentua le malaise du jeune homme. De plus, les spectateurs envoyaient des objets dans sa direction. L’un d’entre eux jeta une pierre qui le toucha au coin de l’œil, causant ainsi une légère entaille d’où s’échappa un peu de sang.

Le choc l’arrêta net. Link se tourna vers celui qui avait lancé le caillou. Ce dernier s’apprêtait à réitérer son exploit, mais il croisa les yeux du captif. Le désarroi présent dans ceux-ci lui fit lâcher le projectile. Le condamné semblait réellement ne pas comprendre les réactions du peuple à son égard. Le citoyen se surprit à se questionner sur son éventuelle culpabilité.

L’homme au manteau avait suivi l’étrange cortège, essayant d’évaluer l’état du prisonnier. Bientôt, il reporta son attention sur le public, mais un bruit de chute attira son regard. Link venait de s’écrouler sur le sol. Ses mains attachées dans son dos l’empêchaient de se relever rapidement. Le commandant tirait sur la sangle pour le presser. L’étouffement provoqué par ce geste en augmentait considérablement la difficulté.

Link réussit néanmoins à se remettre debout et reprit sa marche. La honte qu’il éprouvait se lisait sur son visage. Sous son vêtement de voyage, l’individu se promit de faire payer à Ganondorf l’humiliation subie par ce garçon courageux.

Perdu dans ses pensées, ce dernier n’avait pas remarqué le pied tendu d’un des spectateurs. Celui-ci s’était bien amusé de sa farce et s’était esquivé. Les rires qui avaient fusé suite à cet incident avaient touché le héros du Crépuscule droit au cœur. Il se sentait abandonné.

Link supportait mal ses marques de colère et de violence à son égard alors qu’il n’avait rien fait contre ceux qui le maltraitaient. Comment pouvaient-ils le croire capable de leur faire du mal ? Quelle était la raison des agissements des Hyliens ? Le jeune homme se demandait si les habitants du village de Toal donnaient du crédit à ces mensonges ou s’ils avaient été victimes de son homologue.

Vernarte le conduisit au centre de la place où une tribune avait été construite. Il le fit monter et le mit face à la foule. Un murmure menaçant émanait des spectateurs. Ganondorf s’avança et se plaça à la droite de Link. Le commandant tenait toujours la lanière dans ses mains, prêt à resserrer son étreinte. Des gardes s’étaient installés en bas de l’escalier permettant d’accéder à l’estrade, bloquant le passage.

Link savait qu’il n’avait aucune chance de réussir une tentative d’évasion et avait pris le parti d’attendre que ce mauvais moment passe. Le prisonnier se sentait impuissant face à cet ennemi qui était parvenu à soulever le peuple d’Hyrule contre lui, le Héros qui avait sauvé le royaume. Les bruits de la foule diminuèrent lorsque le Premier Ministre réclama le silence.

« Mes très chers Hyliens, vous avez sans doute reconnu le condamné situé à ma gauche comme étant le responsable des différents délits commis dans la région et dont vous avez été victimes. Il a également été complice d’une évasion en masse.

— Je n’ai commis aucun crime, s’écria Link, en tentant de se dégager de l’emprise du commandant. Vous me connaissez, je vous ai permis de vivre dans la paix. Pourquoi aurais-je aidé les hommes que j’ai fait arrêter ? Cela n’a aucun sens ! »

Ganondorf se tourna vers le Héros du Crépuscule et lui administra une gifle pour le faire taire.

« Nous ne sommes pas ici pour juger de ta culpabilité. Cela a déjà été fait et bien fait. T’époumoner ne servira à rien. »

Le commandant tira sur la lanière pour faire comprendre au prisonnier qu’il ne tolérerait pas ce genre de débordement. Le Premier Ministre reprit son discours sans tenir compte de cette interruption.

« Après avoir examiné les preuves et entendu les différents témoignages relatifs à cette affaire, il a été reconnu coupable des faits reprochés. Parmi ceux-ci, le fait d’avoir aidé des ennemis de la nation à échapper à leur peine a été qualifié de haute trahison. Ce crime seul nous permet de le condamner à mort. Seulement, en ce qui concerne les autres délits commis en profitant de la confiance que vous lui accordiez en tant que garde de la Famille Royale… »

Il se tut un instant, guettant les réactions de son captif. Celui-ci n’avait pas bougé. Link observait son adversaire, bien décidé à ne pas se laisser surprendre par lui.

« Après plusieurs heures de délibération, les juges sont tombés d’accord sur sa sentence. Attendu que les habitants de cette ville ont eu à subir les mauvais traitements de cet individu, il leur sera permis de participer activement à son exécution. Chaque victime se verra offrir la possibilité de porter des coups à son agresseur. Quand tous les civils auront pu administrer leur vengeance, les gardes présents lors de la fuite des prisonniers pourront, à leur tour, lui infliger le trépas de la même façon.

Link n’en revenait pas. Il allait être battu à mort. Jamais une telle condamnation n’avait été rendue. La peine capitale était souvent prononcée dans le Royaume d’Hyrule, mais rarement appliquée, Ganondorf étant une des exceptions. En général, elle était transformée en prison à vie. Ce qui avait été le cas pour les complices du tyran. Les exécutions étaient donc très rares dans le pays, mais toujours accomplies avec le maximum d’humanité et de respect pour le condamné.

Link se tourna vers son ennemi.

« Mon statut de Héros me donne le droit de choisir la manière dont je quitterai ce monde. Votre châtiment est infamant et contraire aux lois de ce pays.

— Tu as été démis de tes fonctions à cause de tes nombreux actes inqualifiables. Tu n’es plus rien. Juste un criminel qui va subir ce qu’il a infligé à ses victimes.

— Tu peux me faire exécuter, mais tu ne parviendras pas à prendre le pouvoir. Il y aura toujours quelqu’un pour t’en empêcher !

— Si tu penses au Héros du Temps, lui dit-il à voix basse, tu te fais des illusions. Lui et les deux jeunes filles qui sont sous sa protection seront bientôt entre mes mains. Vos mises à mort serviront d’exemple à tous ceux qui voudraient se mettre en travers de ma route. Elles seront suffisamment horribles pour décourager les plus braves d’entre eux.

— Tu n’es qu’un monstre, Ganondorf ! Je te ferais ravaler tes menaces ! »

La difficulté que Link éprouva à respirer juste après avoir dit ces mots lui confirma que le commandant Vernarte n’avait pas apprécié son intervention. L’homme au manteau commençait à ne plus supporter le traitement qui était infligé au captif. Il était sur le point d’intervenir pour lui venir en aide, lorsqu’une jeune fille qui se faufilait au milieu des spectateurs attira son attention.

Celle-ci essayait de se rapprocher de la tribune et plus particulièrement de l’endroit où se tenait le prisonnier.  Celui qui se dissimulait se trouvait éloigné de l’estrade et tentait de se frayer un chemin parmi le peuple, malgré les complications rencontrées pour la rejoindre. Il avait momentanément changé d’objectif pour se concentrer sur la raison de sa présence à ce rassemblement.

Les murmures avaient repris dans la foule. Chacun voulant donner son avis sur ce qu’il avait entendu. Le Premier Ministre, qui n’avait pas fini de parler, leva la main pour ramener le calme.

« Nous vous avons fait venir ce jour pour officialiser cette condamnation. La mise à mort devrait avoir lieue dans quelques jours. Nous recherchons toujours ses complices, qui devront subir le même châtiment. Nous ne tarderons pas à les attraper et nous vous offrirons une exécution commune. À partir de ce jour, il endurera le supplice prévu pour tous les autres délits commis. Une peine pour chacune de ses victimes. Le nombre de coups sera déterminé en fonction du degré de gravité de ses actes.

Link observa son ennemi. Ganondorf avait découvert le moyen de lui infliger sa vengeance. Le jeune homme se rendit compte qu’il risquait de payer son opposition au prix fort. La peur s’insinuait en lui, mais le captif fit de son mieux pour la cacher. Sentant que les hostilités allaient commencer, le Héros du Crépuscule jeta des regards autour de lui, cherchant un éventuel secours.

C’est à ce moment-là qu’il la vit. Assise sur un fauteuil placé à quelques pas de lui se tenait la princesse. Pensant trouver une alliée, le prisonnier se précipita vers elle et s’agenouilla à ses pieds. Surpris par cette action soudaine, le commandant lâcha la sangle.

Link tenta d’attirer l’attention de Zelda.

« Votre Altesse, vous seule pouvez encore changer les choses. Tu me connais. Tu sais que je ne suis pas … »

Vernarte qui avait compris le manège du jeune homme, ramassa la lanière puis tira dessus. L’objet se resserra autour de la gorge de ce dernier, l’empêchant d’en dire plus. Link s’écroula sur le sol, cherchant par tous les moyens à reprendre sa respiration. Lorsqu’il put de nouveau inhaler, ses yeux se posèrent sur Zelda qui s’était tournée vers lui.

Cette vision le cloua sur place. La princesse le regardait, sans expression. C’est à ce moment-là qu’il aperçut la pierre qui pendait à son cou. C’était la même que celle qui ornait le front de Nabooru : rouge et scintillante. Link devina qu’elle n’était plus consciente de ses actes.

Pourtant, il la sentait présente derrière cette absence, comme si elle était prisonnière dans sa propre tête. Zelda ne pouvait qu’assister, impuissante, à l’humiliation du Sauveur d’Hyrule. Ganondorf, qui suivait la scène avec attention, avait surpris le regard désespéré du captif quand celui-ci avait compris que la dirigeante du royaume ne pourrait pas l’aider. Un sourire apparut sur le visage du tyran.

Ne pouvant détacher ses yeux de la jeune femme, Link se rappela les paroles que son ennemi avait prononcées dans sa cellule : « Elle espère que tu vas venir la sauver. » Zelda était en danger et lui, l’Elu, le Héros du Crépuscule, était incapable de la protéger. Il était de nouveau inutile.

Le prisonnier était si bouleversé par l’état de Zelda qu’il ne remarqua pas les deux soldats qui se dirigeaient vers lui. Link ne se rendit compte de leur présence que lorsque ceux-ci l’empoignèrent et l’emmenèrent au milieu de la tribune, où une sorte de banquette avait été installée.

Le commandant s’approcha de lui et retira la sangle avant que les gardes ne le soulèvent pour le coucher sur le bois. Le condamné tenta quelques mouvements pour essayer de se défaire de l’emprise des hommes, mais il fut rapidement maîtrisé. L’un d’eux avait attrapé ses pieds pour les attacher à une des extrémités. Un autre s’était occupé de ses mains.

Il se retrouva couché sur le ventre, les chevilles et les poignets maintenus par des cordes. Le commandant Vernarte lui parla à voix basse.

« À ce stade, plus personne ne peut rien pour toi. Ta princesse n’a plus aucun pouvoir. Cette petite mise en scène avait deux objectifs : celui de te donner une idée des souffrances que tu vas endurer et de la mort lente et douloureuse qui t’attend, mais aussi de faire comprendre à Son Altesse que tu ne peux plus rien pour elle et que son intérêt est de nous obéir. »

Link voulut protester, mais il lui mit une main sur la bouche pour l’en empêcher.

« Ce n’est pas la peine de faire de déclaration au peuple à ce sujet. Ils ne te croiront pas. Prononce une seule parole et je te bâillonne. As-tu bien compris ? »

Link acquiesça, sachant que son ennemi avait raison et que son intervention ne servirait à rien. Il était plus raisonnable de ne rien ajouter pour l’instant. Le commandant relâcha sa main et se tourna vers le peuple rassemblé. Un soldat lui apporta un parchemin sur lequel une liste avait été établie.

« J’ai ici un recensement des victimes de ce misérable qui ont été classées selon le préjudice subi. Je demande à la personne citée de monter sur l’estrade afin de procéder au châtiment du coupable. J’appelle Purlo. »

Celui qui portait ce nom s’avança. Il s’agissait d’un homme élancé qui était vêtu d’un pantalon brun et une tunique verte à capuche, dissimulant une partie de la tête. C’était le propriétaire du chapiteau planté à l’est de la ville. Le commandant lui remit une cravache. Ensuite, le saltimbanque s’approcha de Link.

« Avant de commencer, rappelez-nous l’objet de votre plainte, demanda Vernarte.

— Cet individu a ruiné mon commerce. Il est venu relever le défi que j’avais lancé et l’a remporté plusieurs fois de façon malhonnête. Quand je me suis rendu compte de la supercherie, j’ai refusé de lui remettre les rubis gagnés. Alors, cette brute a menacé de me transpercer avec son épée. J’ai dû lui donner toute ma recette.

— Mensonge, s’écria Link. J’ai remporté ce défi de façon régulière. Je n’ai eu que le montant de mon gain. »

Purlo s’approcha du prisonnier et murmura :

« Ne te fatigue pas ! Personne ne te croira. Quand j’ai entendu parler de ton arrestation, j’y ai vu le moyen de te faire payer ton arrogance. Je n’allais pas manquer l’occasion de me venger des humiliations publiques que tu m’as infligées. Je suis allé trouver le commandant pour porter plainte contre toi. Il a été ravi d’ajouter un délit à ta condamnation.

— Tu penses avoir été humilié, lui demanda Link. Comment qualifies-tu ton propre comportement vis-à-vis des habitants de la cité ? Tes jeux sont truqués. Tu es un escroc ! »

Link vit la colère envahir les yeux de Purlo. Celui-ci leva le bras qui tenait la cravache et l’abattit en direction du visage du jeune homme qui eut juste le temps de tourner la tête. La tige ne réussit qu’à lui effleurer la joue y laissant une légère marque.

« C’est plus facile de frapper sur un homme désarmé et ligoté que de l’attaquer à la loyale. Tu n’es qu’un lâche !

— Tas-toi, cria Purlo. Je vais te faire passer l’envie de m’insulter.

— Un instant, intervint le commandant, en arrêtant le geste de l’homme. Je vais le faire taire une bonne fois pour toutes. »

Vernarte s’approcha de Link et le bâillonna. Ensuite, il releva sa chemise laissant apparaître la peau claire de son dos. Purlo, leva la cravache et se mit à flageller le jeune homme, dont le corps se crispait à chaque fois que l’objet le percutait. Après une longue série de coups, le Héros du Crépuscule se préparait à en subir une autre lorsque quelqu’un cria au milieu de la foule :

« Non ! Arrêtez ! Ne faites pas ça ! »

Toutes les personnes qui assistaient à la scène se tournèrent dans la direction d’où provenait la voix. Les soldats, à qui on avait demandé d’intervenir au moindre problème, entouraient déjà celle qui avait parlé. Ils la firent monter sur l’estrade et l’amenèrent devant le commandant.

La jeune fille tremblait de peur. Link qui avait relevé la tête la reconnut aussitôt : Iria ! La panique s’empara de lui. Que faisait-elle là ? Où était le Héros du Temps chargé de la protéger ? Et Sheik ? Pourquoi avaient-ils pris le risque de la laisser sortir seule ? S’étaient-ils enfuis en l’abandonnant ?

Articles similaires :

Ajoutez un commentaire :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.