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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 21

Pendant que Corentin donnait des nouvelles de Link à ses amis, celui-ci se repassait le déroulement de son procès dans la tête. Tout avait été préparé à l’avance. Ce qu’il aurait pu dire ou faire n’aurait en rien modifié la situation.

Le jeune homme n’avait pas peur de disparaître. Depuis le début de ses combats, le Héros du Crépuscule avait appris à vivre avec l’idée de la mort. Son inquiétude allait plutôt vers les personnes qu’il laisserait derrière lui !

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Le prisonnier leva les yeux. Il vit entrer Ganondorf. Celui-ci l’observa, un sourire malveillant sur le visage.

« Je suppose que tu viens m’annoncer la date de mon exécution, lui demanda-t-il,  en soutenant son regard.

— Pas encore. Es-tu pressé de mourir ?

— Non, mais je pensais que tu aurais hâte de te débarrasser de moi, maintenant que tu as ce que tu voulais !

— Sur ce point, tu as raison. Depuis le temps que je désire te voir périr, mais te prendre la vie ne sera pas suffisant pour payer tout ce que tu m’as fait. J’ai d’autres projets avant cela. Je veux te voir souffrir avant de rendre ton dernier soupir. J’attends juste le bon moment pour te faire subir ton châtiment. D’autant plus que tu ne peux aller nulle part. Ta petite tentative d’évasion de ce matin était pitoyable ! Le commandant m’a tout raconté dans les détails, j’en ris encore.

— Je suis ravi de t’avoir amusé ! »

Ganondorf le regarda des éclairs de colère dans les yeux.

« J’ai commis l’erreur de te sous-estimer, mais, crois-moi, je ne la ferais pas deux fois. Comme tu as pu le remarquer, peu de personnes entrent ici : le soldat qui t’apporte tes repas et le commandant, qui est aussi la seule personne à conserver la clé de ta cellule. Lui-même est bien trop content de te savoir là pour prendre le risque de te voir t’échapper. J’ignore pour quelle raison, mais il te déteste presque autant que moi !

— Je comprends mieux pourquoi j’ai droit à du pain rassis tous les jours !

— Pour t’enfuir, tu devras d’abord sortir de ta cellule, puis trouver un moyen de passer cette porte, fermée à clé et tellement lourde que deux hommes sont nécessaires pour la faire bouger. Il te faudra également traverser les sous-sols truffés de soldats… Tu n’as vraiment aucune chance.

— J’adore les défis ! J’attendrai qu’une occasion se présente !

— C’est gentil de me prévenir, mais tu risques d’attendre encore longtemps. Tu ne sortiras de cette cellule que pour subir ton châtiment et nous prendrons toutes les précautions nécessaires pour que tu ne puisses pas nous fausser compagnie. Nous tenons trop à ta présence ici et je te réserve une surprise pour le jour de ton exécution ! Tu ne voudrais pas la manquer ?

— Qu’est-ce que tu prépares ?

— Tu assisteras à la mort de ton amie. Tu seras aux premières loges pour voir la vie quitter son corps. Fais-moi confiance. »

Link pâlit.

« Je t’interdis de la toucher, s’emporta-t-il.

— Je vois que tes sentiments à son égard n’ont pas changé. Pour l’instant, j’ignore où elle se cache, mais ça ne durera pas.

— Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Tu ne penses tout de même pas que je vais te révéler l’endroit où elle est. Tu sais bien que tu ne me fais pas peur ! Tu ne parviendras pas à me faire parler !

— Je n’aurais pas besoin de ton aide. J’utilise la bonne volonté du peuple.

— Du peuple, demanda-t-il, étonné.

— Tu t’en es pris directement à eux. Ils ne l’ont pas oublié et seront ravis de m’aider à arrêter ta complice.

— Tu sais très bien que je n’ai rien fait !

— Moi, je le sais, mais eux sont persuadés que c’est bien toi qu’ils ont vu. Vois-tu, j’ai fait appel à un vieil ami qui m’a été très utile pour combattre le Héros du Temps. Certes, cela n’a pas été suffisant, mais il a tout de même réussi à le retarder. Sa particularité est de prendre l’apparence de ses adversaires et de reproduire leurs coups à l’identique. »

Link se rappela que son ami avait mentionné un ennemi correspondant à ses critères. Pendant leur traversée du désert, ils s’étaient arrêtés dans une grotte pour passer la nuit. Le Héros du Temps qui s’était réveillé l’avait vu près du feu et l’avait pris pour cet adversaire. Il s’en était fallu de peu que ce dernier ne lui tranche la gorge.

« Je croyais qu’il l’avait vaincu.

— Pas tout à fait. Ton ami l’a effectivement battu, mais il a survécu et vit caché dans le cimetière du village Cocorico. Je suis allé le voir pour lui proposer de se venger de sa dernière défaite en s’en prenant au descendant direct de son adversaire. La perspective de participer à ta chute lui a tout de suite plu. Je lui ai donné une bonne description de toi. Tu devines la suite…

— C’est lui qui a commis tous ces méfaits avec mon apparence.

— Exactement ! Tous les témoins t’ont reconnu. Pour en revenir à ton amie, j’ai offert une belle récompense pour sa capture. Les habitants seront plus que ravis de me prêter main-forte.

— Tu ne la retrouveras jamais. Elle est protégée.

— À qui l’as-tu confiée ? À Sheik ? Au Héros du Temps ? Je sais qu’ils sont venus avec toi. N’oublie pas que la princesse Zelda est entre mes mains. Il a été très facile de la faire parler.

— Que lui as-tu fait ?

— Il a bien fallu la convaincre de me donner les pouvoirs. Mais ne t’inquiète pas, Zelda est en vie. J’ai encore besoin de sa participation. Elle espère que tu vas venir la sauver. Malheureusement, tu ne lui seras d’aucuns secours, pas plus qu’à petite copine.

— Tu ne peux rien contre elle.

— Vraiment ? J’ai déjà réussi l’exploit de te faire passer du statut de héros à celui de traître, en moins d’une journée. Tu es détesté par la plupart des habitants de la ville. Tôt ou tard, ton amie sera entre mes mains. Elle ne pourra rester cachée toute sa vie. »

Link regarda son ennemi dans les yeux.

« Je te l’ai dit : quelqu’un veille sur elle !

— Oui, le Héros du temps ! Je l’avais bien compris, mais réfléchis. Lui et Sheik viennent d’arriver et ne connaissent pas la région, ni ses habitants. Je sais qu’ils se cachent quelque part en ville.

— La cité est grande…

— Effectivement, mais ils finiront par quitter leur abri !

— Pourquoi feraient-ils l’erreur de sortir ?

— Dès ce soir, ta condamnation à mort sera officielle et sera annoncée partout. Quelle sera leur réaction, selon toi ? Ils ont deux possibilités.

— Lesquelles ?

— Celle de quitter le pays en emmenant ta petite copine, mais dans ce cas, ils n’iront pas loin. Mes gardes les trouveront.

— Et la seconde ?

— Venir te libérer. Je pense que leur choix se portera sur cette option. Malheureusement pour toi, ils ne pourront jamais t’atteindre.

— Tu n’as aucune idée de leurs ressources !

— Toi-même, tu ignorais l’existence de cette cellule. Ils ne la trouveront jamais sans un plan ou un guide. Les soldats les retrouveront et ta petite copine perdra son protecteur. »

Les paroles de Ganondorf pesaient lourd sur le cœur du jeune homme. Il sentait le désespoir s’insinuer en lui comme un poison dans ses veines. Link leva la tête en direction de son ennemi. Le sourire que celui-ci afficha sur son visage réveilla son courage.

Il fonça droit sur lui et avança les poings pour frapper son visiteur. Ce dernier attrapa les bras du prisonnier et tira de façon à ce que le corps du Héros du Crépuscule vienne percuter les barreaux de sa cellule.

« Tu es toujours aussi prévisible, lui dit-il avec mépris. Tu devrais garder tes forces pour le jour de ton exécution. Ce ne sera pas une partie de plaisir, je te le garantis. »

Il le souleva et le projeta dans le fond de sa cellule. Link se releva et s’approcha de nouveau de la grille.

« Tu n’as pas encore gagné !

— Peut-être, mais toi, tu as déjà perdu ! »

Ganondorf partit d’un éclat de rire et quitta la pièce. Link le regarda sortir. Resté seul, il se laissa tomber à genoux par terre. Le jeune homme commençait vraiment à avoir peur : son ennemi semblait avoir tout prévu dans les moindres détails

D’après ce dernier, ses chances de lui échapper étaient quasiment inexistantes et en voyant toutes les précautions que celui-ci avait prises, il commençait à désespérer. Sa dernière tentative de fuite s’était soldée par un échec. Le Héros du Crépuscule se sentait impuissant et doutait de ses capacités. Ses amis risquaient même d’être entraînés dans sa chute.

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