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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 2

Chapitre 2

Link abaissa son épée pour la planter dans le piédestal. Au moment même où la lame entra en contact avec celui-ci, une obscurité intense s’abattit sur lui. Il avait l’impression que le sol et les murs avaient commencé à tourner. Une vive douleur le transperça comme un courant électrique et le paralysa des pieds à la tête l’empêchant de lâcher son arme.

Au bout de plusieurs minutes, la lumière revint et la sensation de mouvement s’estompa. Lorsque la douleur commença à s’atténuer, il put enfin lâcher l’Épée et s’écroula sur le sol. Le jeune homme eut à peine le temps de voir qu’il se trouvait dans une salle dont les murs étaient faits de grosses pierres grises avant de sombrer dans l’inconscience.

Link se réveilla dans une pièce sombre. Au début, il ne distinguait rien. Couché sur un sol dur et froid, il voulut se lever, mais s’aperçut que ses mains étaient enchaînées dans son dos. En s’aidant de ses coudes, le jeune homme parvint néanmoins à s’asseoir puis à se mettre debout. Ses yeux s’étant habitués à l’obscurité, il voulut explorer sa prison, mais en fut empêché par la longue chaîne qui le retenait au mur.

Comment était-il arrivé ici ? Pourquoi et par qui avait-il été enchaîné ? Y avait-il encore des complices de Ganondorf désireux de se venger ? Le Héros du Crépuscule pensa aux différentes expéditions qu’il avait menées pour débusquer les quelques hommes qui auraient pu menacer la paix. Était-il possible que certains aient échappé à la traque ?

Link eut un frisson, le froid régnait dans la pièce. Surtout qu’il était en chemise. Sa tunique, son bonnet, sa cotte de mailles et ses armes lui avaient apparemment été retirés. Le jeune homme essaya de rassembler ses souvenirs, mais la dernière chose dont il se rappelait, c’était d’avoir quitté le château d’Hyrule pour se rendre au Sanctuaire de la Forêt dans le but de replanter l’Épée Légendaire.

Quelque chose s’était passé là-bas, mais il ignorait quoi. Il se souvenait juste d’avoir eu un malaise en replantant son arme dans le piédestal et s’être retrouvé dans une salle aux murs de pierres avant de s’évanouir.

L’image d’une jeune fille blonde envahit son esprit. Iria était avec lui  au Sanctuaire. Il chercha aux alentours, mais ne trouva aucune trace de son amie. Avait-elle aussi été emprisonnée ou avait-elle réussi à échapper à ceux qui le retenaient ?

Link tenta de se rapprocher de la porte aussi loin que le lui permettait la chaîne et essaya d’entendre les sons de l’extérieur. Il perçut alors, deux voix en dehors de sa cellule, visiblement féminines. Pensant que celles-ci appartenaient aux gardes, le jeune homme essaya de se concentrer afin de comprendre ce qu’elles se disaient. Peut-être en apprendrait-il davantage sur sa situation et sur celle d’Iria…

« Pourquoi doit-on le surveiller ? Après tout, le prisonnier est enchaîné au mur, je ne vois pas par quel prodige il pourrait tenter une évasion.

— Je l’ignore, mais si notre roi prend autant de précautions, c’est qu’il doit y avoir une raison.

— Elles l’ont trouvé inconscient dans le Temple du Temps. Je me demande ce qu’il faisait là-bas.

— Deux femmes de notre compétence pour surveiller un môme endormi et immobilisé dans une cellule. C’est vraiment du gâchis !

— C’est peut-être un môme, comme tu dis, mais tu as vu ce qu’il avait sur lui quand elles l’ont amené. Une épée et un arc, c’est normal pour un combattant, mais tu as vu le reste ? Même ses vêtements ont été enlevés. Et cette tunique en fer qu’il portait ? Jamais je n’avais vu une chose pareille…

— Moi, ce n’est pas ça que j’ai regardé ! Tu as vu son visage. C’est un joli garçon. Dommage qu’il soit évanoui, j’aurais bien voulu voir ses yeux… »

Soudain, les voix se turent, car un bruit de pas s’était fait entendre dans le couloir. Comprenant que les gardes s’étaient levées et se préparaient à recevoir de la visite, Link retourna rapidement se coucher sur le sol en essayant ne pas se faire remarquer. Il ne voulait pas qu’on sache qu’il avait émergé, le jeune homme se remit dans sa position de départ. Une troisième voix de femme résonna :

« Ouvre la porte, je dois amener le prisonnier dans la tente du maître. »

Une des gardes se précipita pour déverrouiller la serrure. Le Héros du Crépuscule ferma les yeux pour simuler un état d’inconscience. La porte s’ouvrit, la femme resta dans l’encadrement et observa Link, allongé sur le sol. Elle avait de longs cheveux roux attachés en une queue de cheval et portait un large pantalon blanc ainsi qu’un petit bustier brodé de la même couleur. Sur son front brillait un rubis et un sabre pendait à sa ceinture.

« Alors, c’est lui ? Le fameux « Héros » qui aurait défait Ganondorf ? Comment aurait-il pu ? Ce n’est qu’un enfant !

— Un enfant bien armé, capitaine Nabooru, répondit une des femmes.

— S’est-il réveillé ?

— Nous avons entendu quelques bruits provenant de sa cellule.

— Et vous n’avez pas vérifié ? Première erreur. Il ne faut jamais sous-estimer son ennemi. Même si c’est un enfant.

— Je m’en souviendrai.

— Tu ferais bien. Ce freluquet pourrait faire semblant de dormir et vouloir tenter une évasion. Venez avec moi et tenez-vous sur vos gardes ! »

Link n’avait pas perdu un mot de la conversation, mais il garda néanmoins les yeux fermés. Nabooru s’approcha et lui envoya un violent coup de pied dans les côtes pour signaler sa présence. Le jeune homme encaissa le coup sans un cri et posa son regard sur elle.

« Lève-toi, tu es attendu ! »

Estimant sans doute qu’il n’obtempérait pas assez vite, la Gerudo l’attrapa par le col de sa chemise pour le mettre debout. Elle fit ce geste sans aucune difficulté, lui prouvant ainsi sa supériorité. Link leva la tête et la regarda droit dans les yeux.

« Tu as du cran d’oser me fixer alors que tu ignores ce dont je suis capable. »

Elle le lâcha et il retomba durement sur le sol. Puis s’adressant aux deux gardes qui venaient d’entrer :

« Préparez-le ! Je dois l’emmener ! »

Les deux femmes se précipitèrent pour obéir aux ordres. Elles portaient le même genre de vêtements que le capitaine, seule la couleur était différente. Les gardes l’attrapèrent chacune par un bras pour le mettre debout. L’une des deux pointa son sabre sur sa gorge tandis que l’autre s’affairait à lui attacher les mains avec une corde avant de lui retirer les chaînes.

« Un conseil : laisse-toi faire ou ton geste de rébellion sera le dernier de ton existence », lui dit la première.

Link savait que résister était inutile. À trois contre un et sans arme, ses chances étaient minces. De plus, ne connaissant pas les lieux, le jeune homme risquait de se faire reprendre assez rapidement. Le Héros du Crépuscule préféra attendre de savoir à qui il avait affaire et ce que le « maître » attendait de lui. Après tout, s’ils avaient voulu le tuer, ce serait probablement déjà fait.

Dès qu’il fut prêt, les gardes l’emmenèrent hors de la cellule. Ils traversèrent de nombreux couloirs et prirent maints escaliers, éclairés par de rares torches, pour déboucher dans une grande cour de sable. La lumière et la chaleur du soleil surprirent Link lors de leur sortie. Ses yeux mirent quelques secondes à s’habituer au changement de luminosité.

Le jeune homme se rendit alors compte qu’il était dans une forteresse apparemment située au milieu d’un désert. Était-ce le désert Gerudo ? Pourtant, celui-ci était inhabité. La hauteur du soleil lui indiquait que la journée était bien avancée et que la nuit ne tarderait pas à tomber. Combien de temps était-il resté inconscient ?

Link regarda autour de lui, cherchant à en apprendre davantage sur ses adversaires, mais il ne vit que des femmes, portant les armes. Qui étaient-elles ? Faisaient-elles partie des fières Gérudos, le peuple du désert ? Pourtant, cette race s’était éteinte des années auparavant.

Le jeune homme fut tiré de ses pensées par ses gardes qui le pressaient. Elles le conduisirent vers une grande tente plantée un peu plus loin. Ils entrèrent. La pièce qu’il découvrit était richement décorée et présentait un certain confort. Des commodes en bois de chêne étaient placées devant les murs de toile et de nombreux coussins brodés étaient posés sur des fauteuils sculptés. Sur une table, Link aperçut les objets qui lui avaient été enlevés.

Le capitaine lui donna un coup à l’arrière des jambes afin qu’il tombe à genoux. Les deux gardes le forcèrent alors à baisser la tête. Elles s’inclinèrent également. Se sentant humilié par cette position, le jeune homme tenta de redresser la tête. Voyant cela, les gardes l’attrapèrent alors par les cheveux afin de le maintenir dans cette position.

« Maître, nous vous avons amené le prisonnier. »

Link tenta de voir à qui elle s’adressait, mais sa situation ne lui permit de voir que les pieds de l’homme. Finalement, il n’y avait pas que des femmes dans ce camp…

« Merci Nabooru, alors c’est lui, le Héros du Crépuscule dont on m’a conté les exploits ?

— Nous l’avons trouvé à l’endroit que vous nous aviez indiqué, juste à côté de l’Épée. De plus, il correspond parfaitement à la description. Aucune erreur n’est possible.

— Bien. Laissez-nous à présent. Je vous appellerai quand j’aurais de nouveau besoin de vous. »

Les femmes desserrèrent leur étreinte et quittèrent les lieux rapidement. Link put relever la tête et observer son adversaire. Celui-ci lui tournait le dos et se trouvait près de la table où reposaient les objets du prisonnier, observant l’épée. De grande taille et présentant une musculature bien développée, l’homme était vêtu d’une armure sombre et d’une grande cape bleue. Ses cheveux roux étaient tirés en arrière.

Cette silhouette semblait familière à Link. Une crainte s’insinua dans son cœur dont les battements se mirent à s’accélérer. Il ne connaissait qu’un individu avec une telle carrure, mais celui-ci ne pouvait pas être devant lui. Le Héros du Crépuscule l’avait vu s’effondrer sous ses coups et il ne s’était pas relevé. Se pouvait-il que son ennemi ait survécu ?

Comme s’il avait senti le regard du jeune homme sur lui, le géant se retourna et le fixa. Link n’en croyait pas ses yeux. Plus aucun doute n’était permis. Ganondorf en personne se tenait là, bien vivant. Toutes les épreuves par lesquelles il était passé, tous les combats qu’il avait menés n’avaient-ils servi à rien ? Le cauchemar n’était pas terminé…

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