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Le Temps d’un Crépuscule : Chapitre 17

Link se tourna vers celui qui venait de parler. Il le reconnut sans aucune hésitation malgré les quelques changements que celui-ci avait apportés à son apparence. Ganondorf avait réussi à entrer dans le château et apparemment personne ne cherchait à l’en faire sortir. Que faisait la princesse ? Pourquoi acceptait-elle une chose pareille ?

Aussitôt, le jeune homme attrapa son arme, prêt à en découdre avec son ennemi, oubliant momentanément toutes les lames pointées sur lui. Celles-ci s’étaient dressées, menaçantes, lorsqu’il avait esquissé son mouvement. Sa main resta en suspens sur la garde de son épée.

« Tu comptes faire quoi là, lui demanda le commandant. Tu penses pouvoir résister face à toute une troupe ? Je sais que tu es très habile, mais tout de même. »

Le jeune homme lâcha son arme comprenant que les soldats ne lui laisseraient pas le temps de dégainer avant de le transpercer de toutes parts. Link plaça ses mains bien en évidence devant lui pour signifier aux gardes qu’il ne comptait pas résister.

« Voilà qui est mieux, dit le commandant en s’approchant. Donne-moi ça, tu n’en auras plus besoin là où tu vas ! »

Il attrapa l’épée par la garde et la retira de son fourreau.

« Une arme de cette qualité, ça se mérite. Un individu de ton espèce ne peut posséder un tel objet. Retire le bouclier et le fourreau et pose-les sur le sol. »

Désarmé et menacé de toutes parts, Link n’eut guère le choix et obtempéra.

« Maintenant, tu vas nous suivre gentiment.

— Où m’emmenez-vous ?

— Là où est ta place, en cellule !

— Et pour quel motif ?

— Comme si tu ne le savais pas. Pour y répondre de tes crimes.

— Lesquels ? J’ai des droits ! Vous êtes dans l’obligation de me tenir informé sur les accusations tenues contre moi.

— Tes droits ? Tu les as perdus par tes actions. Avance !

— Non, je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas dit ce que vous me reprochez. Il s’agit d’une arrestation arbitraire. Vous allez le regretter quand la princesse Zelda va l’apprendre. »

Le commandant se contenta de rire. Puis il s’approcha du jeune homme et lui administra une gifle retentissante.

« Tu feras ce qu’on te dira ! »

Link lança un regard furieux à Vernarte. Comment osait-il lever la main sur lui ? La présence des gardes armés l’empêcha de rendre le coup reçu, mais le jeune homme se promit de venger cet affront. Le commandant s’adressa ensuite à l’un des soldats.

« Attache-lui les mains et fouille-le ! »

Le garde fit ce que son supérieur lui avait demandé. Le commandant aperçut alors la médaille que Link avait de nouveau accrochée sur sa tunique. Il l’arracha avec violence, déchirant le vêtement et l’observa.

« La fameuse « Médaille du Courage ». Tu ne la méritais pas !

— Rendez-la-moi. Elle m’appartient ! C’est un cadeau, tout comme l’épée.

— En tant que responsable de la sécurité, je suis chargé de ta vie. Je ne voudrais pas que tu te blesses avec, dit-il avec une pointe d’ironie. »

Link était furieux. Pour qui se prenait cet officier ? Ce dernier fit signe aux soldats de l’emmener vers les sous-sols du château et les suivit. Le Héros du Crépuscule jeta un dernier coup d’œil en direction de son ennemi qui le regardait, un sourire cruel sur le visage. Le commandant remarqua que le prisonnier boitait légèrement, ce qui le fit sourire.

Après avoir descendu une volée de marches, le petit groupe traversa la totalité des passages souterrains. Le jeune homme mit quelques minutes à s’habituer à l’obscurité présente dans ces galeries sombres et étroites. Ils passèrent devant plusieurs gardes éparpillées dans les couloirs et de nombreuses cellules vides.

Link s’interrogea. Où se trouvaient les complices de Ganondorf sensés être enfermés dans cette prison ? Avaient-ils été transférés ailleurs ? Il n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion, ils étaient presque arrivés au bout de l’allée.

Soudain, les soldats prirent une impasse sur la droite que le captif n’avait pas vue dans le noir. Ils s’arrêtèrent devant une lourde porte en fer que le commandant déverrouilla. Il fallut deux geôliers pour en actionner l’ouverture. Le chef de section entra en trainant le prisonnier à l’intérieur.

« Tu as de la chance ! Tu bénéficies de la cellule de haute sécurité.

— C’est trop d’honneur que vous me faites, ironisa-t-il.

— N’espère pas t’échapper, c’est impossible. »

La pièce était sombre. Dans un renfoncement se trouvait une cellule fermée par une grande grille restée ouverte. Le commandant détacha le jeune homme et le poussa à l’intérieur. Ensuite, il referma la porte à double tour et en conserva la clé.

« Sois le bienvenue chez toi ! J’espère que la décoration te plait. Tu risques de passer un certain temps ici.

— Cela m’étonnerait beaucoup. J’exige de voir la princesse.

— Tu n’es pas en mesure de réclamer quoi que ce soit.

— Cette erreur va vous coûter cher ! »

Vernarte éclata de rire et quitta la pièce. Link entendit le bruit de la serrure que l’on verrouillait. Il était furieux, mais comprenait que sa colère ne l’aiderait pas à se sortir de cette situation. Le jeune homme ferma les yeux dans le but de retrouver son calme. L’attitude du commandant était étrange et la présence de Ganondorf lui suggérait que son arrestation n’était peut-être pas une erreur, mais un piège tendu par celui-ci.

Les doutes chassèrent le courroux. Link s’approcha de la grille et en examina tous les barreaux. Ceux-ci semblaient solides. Ses chances de s’échapper étaient minces. Il observa son nouvel environnement. La seule lumière de la pièce provenait d’une minuscule ouverture située face à la cellule. Celle-ci était meublée d’une banquette en bois, d’une table et d’une chaise. Le Héros du Crépuscule s’assit et réfléchit.

Le jeune homme se rendait compte qu’ils avaient perdu beaucoup de temps depuis leur retour du passé et que Ganondorf avait déjà commencé à mettre son plan à exécution. Il ne comprenait pas comment son ennemi était parvenu à entrer dans le palais et y être accepté.

Le tyran avait beau avoir légèrement modifié son apparence, il était tout de même reconnaissable. Que s’était-il passé pendant qu’il était à la taverne ? Link ne saisissait pas comment son adversaire avait réussi à le faire voir comme un criminel. Où était la princesse Zelda ?

* * *

Au moment où le commandant enfermait Link dans sa cellule de haute sécurité, Sheik regagnait la taverne. Il ne comprenait pas la scène qui s’était déroulée devant lui. Lorsque le Héros du Temps le vit revenir, essoufflé, et le visage pâle, celui-ci devina qu’un événement grave s’était produit.

« Où est Iria, demanda celui qui venait d’arriver.

— Elle est couchée. Pourquoi me demandes-tu ça ?

— Va vérifier qu’elle dort toujours. Il ne faut pas qu’elle entende ce que j’ai à te dire.

— Tu m’inquiètes ! Ne bouge pas ! »

Le Héros du Temps s’exécuta et revint rapidement.

« C’est bon, tu peux parler. Que s’est-il passé ?

— Pendant que je le suivais dans les rues de la ville, je trouvais le comportement des habitants étrange. Ils regardaient Link avec un mélange de colère et de peur. Quand il est arrivé devant le palais, la situation ne s’est pas arrangée. Les soldats l’ont encerclé et emmené après avoir pris soin de lui retirer ses armes. Je crois notre ami vient d’être arrêter.

— Pour quel motif ?

— Je n’en sais rien. Je pense que lui non plus. Link leur a posé la question à plusieurs reprises, mais il n’a reçu aucune réponse. Les soldats l’ont couduit dans les sous-sols du château, je n’aurai pas pu aller plus loin sans me faire repérer. Alors, je suis revenu pour te prévenir. À cette heure, ils doivent l’avoir déjà enfermé dans une de leurs cellules. »

Sheik et le Héros du Temps entendirent une voix derrière eux.

« Qui est dans une cellule ? »

C’était Thelma qui venait récupérer les restes de leur repas. Ils se retournèrent et elle put lire de l’inquiétude dans leurs regards.

« Ne me dites pas que vous parlez de Link ! »

La tenancière comprit en voyant leurs visages qu’elle avait désigné la bonne personne. Thelma laissa tomber son plateau qui toucha le sol avec fracas et s’approcha d’eux.

« Qui a osé faire une chose pareille ?

— Le commandant chargé de la surveillance du château, un certain Vernarte, répondit Sheik.

— En plus, il a fallu que ce soit celui-là qui l’arrête !

— Vous le connaissez ?

— Très peu, mais j’ai beaucoup entendu parler de lui. Il n’est pas réputé pour être tendre. Beaucoup de mes clients sont sous ses ordres ! Je sais aussi que cet homme déteste Link !

— Pour quelle raison ?

— Je l’ignore. Il a dû prendre du plaisir à l’enfermer.

— Link est au courant de cette haine ?

— Je ne le pense pas. Il ne doit même pas le connaître. Que lui reproche-t-on ?

— Nous n’en savons rien. Par contre, cela risque de devenir dangereux pour vous de nous garder ici. Si vous le souhaitez, nous pouvons partir, proposa le Héros du Temps.

— Ne dites pas de bêtises. Link savait très bien ce qu’il faisait en vous amenant ici. Je lui ai déjà prêté main-forte. Je ne le laisserai pas tomber maintenant. Que se passe-t-il exactement ? »

Les deux compagnons se regardèrent, ne sachant ce qu’ils pouvaient révéler à Thelma.

« Je comprends que vous ne puissiez pas tout me divulguer maintenant. Après tout, vous ne me connaissez pas autant que lui. Pour l’instant, il reste notre priorité. Que comptez-vous faire ?

— Nous devons d’abord savoir pourquoi Link a été arrêté.

— Je m’en charge ! J’ai mes sources. Vous, vous ne bougez pas d’ici ! Iria est-elle au courant ?

— Non, et il serait préférable que son amie ne le sache pas.

— C’est mieux, en effet, mais vous ne pourrez le lui cacher très longtemps. Je retourne voir mes clients. Je vous tiens au courant si j’ai du nouveau. »

Le Héros du Temps se demanda s’il pouvait lui faire confiance, tout en sachant qu’ils auraient besoin d’aide pour tirer Link de ce mauvais pas. Une fois qu’elle eut refermé la porte, Sheik se tourna vers son compagnon.

« Il y a une chose que je ne t’ai pas encore dite.

— Laquelle ?

— J’ai vu Ganondorf à l’intérieur du château. Et visiblement, ça ne choquait personne.

— Donc, la situation est plus grave que ce que l’on croyait. As-tu vu la princesse ?

— Non, Zelda serait intervenue si elle avait assisté à la scène ! »

Quand Iria se réveilla quelques heures plus tard, elle alla rejoindre ses compagnons. Ils étaient installés à la table et semblaient en pleine conversation. La jeune fille s’assit à son tour et chercha autour d’elle.

« Où est Link ? Il dort ?

— Non, il n’est pas encore rentré du château !

— Il devrait déjà être là. »

Elle les observa attentivement et comprit qu’il s’était produit un événement grave.

« Qu’y a-t-il ? Pourquoi faites-vous ces têtes ? Où est-il ? »

Ils ne répondirent pas.

« Quelque chose est arrivé ? Link est blessé ? Il est … , demanda Iria dont le degré d’anxiété ne cessait d’augmenter.

— Ne t’inquiète pas ! Il a juste été arrêté, lui dit Sheik, pour la calmer.

— Juste arrêté ? Par qui ? Pourquoi ?

— Par les soldats, nous ne savons pas pourquoi ! »

Comprenant qu’il ne pourrait faire autrement que de lui dire la vérité, le Héros du Temps lui raconta ce qu’il savait. A la fin de son récit, Iria avait les larmes aux yeux, mais fit de son mieux pour paraître forte.

« Que pouvons-nous faire pour l’aider ?

— Déjà, grâce à Sheik qui l’a suivi, nous savons qu’il est dans une situation délicate. Avant de faire quoi que ce soit, nous devons connaître la raison de son arrestation. Thelma nous a proposé de nous aider en interrogeant les gardes faisant partie de ses habitués. Toi qui la connais bien, peux-tu nous dire si nous pouvons avoir confiance en elle ?

— Vous pouvez ! Je ne connais pas tous les détails, mais je sais qu’elle a beaucoup aidé Link pendant son aventure. C’est ici que se réunissait la Résistance. Il en a fait partie.

— Dans ce cas… »

Ils entendirent la porte s’ouvrir et Thelma entra.

« Alors, vous acceptez mon aide ?

— Désolé pour cette méfiance mal placée, mais nous ne sommes pas d’ici. Nous aurions dû vous faire confiance !

— C’est oublié ! Maintenant que nous sommes tous impliqués dans cette affaire, je pense que vous pouvez me tutoyer. »

Le Héros du Temps sourit et lui tendit la main qu’elle serra.

« Merci de votre …  de ton aide !

— Ce n’est pas grand-chose. Je ne vous demande pas de me raconter l’histoire entière, je n’ai pas besoin de tout savoir. Déjà, à l’époque, Link me cachait des choses et c’est encore le cas maintenant. Parlez-moi juste de son arrestation. »

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